Le président kenyan William Ruto a déclaré qu’il « apprécie l’engagement » manifesté du général Daglo pour « mettre fin au conflit » au Soudan. Le chef de l’État du Kenya, qui a rencontré le chef des paramilitaires soudanais des FSR ce mercredi, faisait ainsi référence aux pourparlers de cessez-le-feu menés par l’organisation régionale, IGAD, pour mettre fin à la guerre qui fait rage depuis la mi-avril.
William Ruto a publié sur les réseaux sociaux une photo de lui rencontrant le chef des FSR, Mohammed Hamdan Daglo, à la résidence officielle du président kenyan à Nairobi.

« Les pourparlers en cours de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) devraient aboutir à un règlement politique susceptible d’instaurer une paix durable dans le pays.
« Nous n’attendons rien d’autre qu’une résolution pacifique et un voisin stable », a indiqué le président Ruto sur X.
Les FSR sont une quasi-armée issue des milices de la région du Darfour et dirigée par Daglo. Le groupe a été accusé de pillage, de massacres, de viols et de nettoyage ethnique.
Dans la lutte pour le pouvoir en cours, les FSR se battent contre les forces du dirigeant soudanais de facto Abdel Fattah al-Burhan.
Les FSR ont récemment pris le dessus sur l’armée dans certaines régions du pays, notamment dans l’État d’al-Jazirah, considéré comme le grenier du Soudan.
Daglo est en tournée régionale depuis la semaine dernière. Il a récemment rencontré l’ancien Premier ministre civil soudanais, Abdulla Hamdok, en Éthiopie pour discuter d’un plan visant à mettre fin à la guerre.
Le groupe a été accusé de pillage, de massacres, de violations et de nettoyage ethnique.
La menace d’une nouvelle expansion des FSR, qui ont pris le contrôle du centre et de la majeure partie de l’ouest du pays, a suscité des appels aux civils pour qu’ils prennent les armes, les observateurs mettant en garde contre une guerre civile totale.
Le comité local de résistance antimilitaire et prodémocratie a accusé les FSR d’avoir tué des centaines de civils, kidnappé et pillé à Wad Madani, la capitale de l’État de Gezira, dont elles ont pris le contrôle à la fin du mois dernier.
Des centaines de milliers de personnes y avaient trouvé refuge depuis la capitale Khartoum, au nord. Les civils des villages agricoles de l’État ont signalé des activités similaires, notamment des soldats de FSR faisant irruption dans les maisons pour réclamer des voitures et des femmes.
Cette tendance, répétée tout au long de la guerre, a incité les États-Unis à déclarer le mois dernier que les FSR ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, ainsi qu’un nettoyage ethnique dans l’État du Darfour occidental.
Dans un discours prononcé avant la réunion de lundi, Hemedti a présenté ses excuses pour les violations commises à Gezira et a déclaré que la direction des FSR arrêtait les « acteurs voyous ».
« Nous demandons à la communauté régionale et internationale d’envisager avec optimisme notre lutte… vers un nouvel avenir du Soudan après avoir instauré la paix », faisant écho aux appels à l’égalité et à la démocratie défendus depuis longtemps par les hommes politiques civils qu’il a rencontrés lundi.