Le chef de la mission de maintien de la paix des Nations Unies en République démocratique du Congo a déclaré que son personnel et ses véhicules avaient été attaqués samedi dans la capitale Kinshasa, alors que l’aggravation de la crise sécuritaire dans l’Est alimente une réaction violente contre la mission.

Des foules à moto se sont rassemblées dans le quartier riverain de la Gombe, où se trouvent la mission de l’ONU (MONUSCO) et de nombreuses ambassades. Ils ont brûlé des pneus et attaqué des personnes.
Plusieurs véhicules de la mission ont été incendiés, a indiqué la chef de la MONUSCO, Bintou Keita, dans un message en ligne. « Je condamne fermement cette série d’attaques », a-t-elle déclaré.
L’ambassade de Côte d’Ivoire a également indiqué qu’un de ses véhicules avait été vandalisé à Kinshasa et a dénoncé des attaques aveugles contre des véhicules appartenant à des ambassades et à des organisations internationales.
Le Gouvernement de la RDC a condamné ces actes de violence perpétrés contre certaines chancelleries et le personnel de la MONUSCO et appelle la population au calme. C’est ce qui ressort de la réunion urgente de sécurité convoquée par le ministre de l’Intérieur Peter Kazadi le même samedi dans la soirée.

« Le président de la République fait constater que ce qui s’est passé aujourd’hui, quand bien même nous comprenons certaines frustrations de nos compatriotes par rapport à ce qui se passe dans l’Est du pays, la manière dont les manifestants ont procédé viole plusieurs dispositions du droit international », s’est indigné Peter Kazadi.
Il rappelle que les installations et les véhicules des diplomates étrangers sont inviolables et que le personnel de la MONUSCO est protégé par des conventions.
« Le Gouvernement de la République ne peut pas accepter que nos citoyens s’attaquent à ce corps qui est protégé par le droit international », rappelle Peter Kazadi.
L’avancée du groupe rebelle M23 qui menace la ville stratégique de Goma, dans l’est du pays, dans la province du Nord-Kivu déchirée par le conflit, a aggravé la crise sécuritaire et humanitaire vieille de plusieurs décennies.
Les affrontements entre les rebelles, les forces armées et les groupes d’autodéfense qui soutiennent l’armée se sont intensifiés ces dernières semaines, forçant plus de 135 000 personnes supplémentaires à fuir vers des zones plus sûres près de Goma, a déclaré jeudi l’agence humanitaire des Nations Unies OCHA.
Les combats « pourraient compromettre la sécurité alimentaire et les activités économiques à Goma et dans la région. Le risque que Goma soit isolée est élevé », a-t-il ajouté.
La MONUSCO est déployée dans l’est du Congo depuis qu’elle a pris le relais d’une précédente opération de l’ONU en 2010. Son mandat consiste notamment à soutenir les efforts du gouvernement congolais pour stabiliser la région, mais ces dernières années, elle a été confrontée à des protestations parfois violentes liées au sentiment qu’elle n’a pas fait assez pour endiguer l’effusion de sang à l’Est.