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En Somalie, le Puntland se retire du système fédéral après des modifications constitutionnelles contestées

L’État semi-autonome du Puntland en Somalie a annoncé dimanche qu’il s’était retiré du système fédéral du pays et qu’il se gouvernerait de manière indépendante jusqu’à ce que les amendements constitutionnels adoptés par le gouvernement central soient approuvés lors d’un référendum national.

Le Parlement fédéral de Mogadiscio a approuvé samedi plusieurs changements constitutionnels que le gouvernement juge nécessaires pour établir un système politique stable.

Cette révision constitutionnelle concrétise la promesse, souvent répétée mais encore jamais appliquée, d’un retour du vote selon le principe « une personne, une voix », qui devrait être appliqué dès les élections locales prévues fin juin.

Celles-ci serviront de base pour les élections au niveau national, qui se tiendront à la « proportionnelle avec liste fermée » entre deux partis.

Par ailleurs, à la prochaine présidentielle en mai 2026, le poste de Premier ministre doit être remplacé par un vice-président, élu sur le même ticket que le chef de l’Etat, selon le modèle étasunien.

Les critiques affirment que les changements, qui incluent l’introduction d’élections présidentielles directes et la possibilité pour le président de nommer un Premier ministre sans l’approbation du Parlement, concentrent le pouvoir entre les mains de l’exécutif.

Le suffrage universel direct avait disparu après la prise du pouvoir par le dictateur Siad Barré en 1969 dans ce pays d’Afrique de l’est. Après le chaos qui a suivi sa chute en 1991, le système politique somalien s’est articulé autour de la myriade de clans qui composent la société.

Les élections se déroulaient ainsi selon un processus indirect complexe, source de luttes de pouvoir et d’instabilité. Selon de nombreux observateurs, cette instabilité favorise l’insurrection des islamistes radicaux shebab, qui ensanglante le pays depuis 2007.

« Le Puntland agira de manière indépendante jusqu’à ce qu’il y ait un gouvernement fédéral doté d’une constitution approuvée par un référendum auquel le Puntland participe », a déclaré le conseil des ministres de l’État dans un communiqué.

Cette fracture est un nouveau casse-tête pour le président Hassan Sheikh Mohamud, qui lutte pour mettre fin à une insurrection liée à Al-Qaïda, réprimer une résurgence de la piraterie et affirmer l’autorité fédérale sur la région séparatiste du Somaliland après avoir accepté de louer un port à l’Éthiopie.

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