La cour militaire de Goma (Nord-Kivu) a condamné vendredi 3 mai, huit officiers des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Ces officiers de la 223e brigade étaient entre autres poursuivis pour lâcheté et incitation des militaires à commettre des actes contraires à la discipline.
Sur les onze officiers de la 223e brigade déployée à Lushangi dans le territoire de Masisi vers de la cité de Saké, huit, dont le commandant brigade, le colonel Mushengezi Shamamba, sont condamnés à la peine de mort.
A l’audience du vendredi, la cour a également prononcé leur destitution de l’armée.
Le colonel Mushengezi Shamamba à aussi été condamné pour avoir inventé des motifs ‘’fallacieux’’ de santé en présentant à la cour de faux documents médicaux.
Après l’instruction, la cour a constaté qu’il s’agissait d’une malice montée par cet officier pour se soustraire du champ des opérations devant l’avancée des rebelles.
C’est pourquoi la cour a également retenu l’infraction de faux et usage de faux contre lui.
Son adjoint, Gabriel Paluku, en charge de renseignement au sein de cette brigade, est aussi condamné pour complicité avec son chef.
Parmi les onze officiers accusés, trois ont été acquittés, notamment les capitaines Katalayi Nzekela, Mujinga et Lukonji Panida.
En mars, le Congo a levé un moratoire de plus de 20 ans sur la peine de mort, déclarant que les coupables de trahison et d’espionnage pouvaient s’en sortir sans être sanctionnés de manière appropriée. Les organisations de défense des droits de l’homme ont critiqué cette décision.
Alexis Olenga, avocat de Paluku Olenga, l’un des soldats condamnés à mort, a déclaré que son client n’avait pas fui le champ de bataille car il avait été arrêté dans la zone de sa mission.
« C’est une décision monstrueuse, je crois que nous devons immédiatement la contester devant la Haute Cour militaire », a-t-il déclaré à l’Associated Press.
Moïse Hangi, un militant de la société civile, a déclaré à l’AP qu’« au lieu de réparer notre appareil de sécurité, ce genre de décisions affaiblira de plus en plus notre armée et rendra encore plus craintifs ceux qui se trouvent sur les lignes de défense ».