Les militants des droits humains ont salué la décision du Zimbabwe d’abolir formellement la peine de mort, la qualifiant d’action en faveur des droits humains la plus progressiste depuis l’adoption de la Constitution en 2013. D’autres y voient un élan pour le mouvement abolitionniste sur le continent.
Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a signé mardi un projet de loi abolissant la peine de mort. Cela permettra de commuer les peines des condamnés à mort en peines de prison.
Le Zimbabwe s’est joint à plus des deux tiers des pays du monde pour abolir la peine de mort, en droit ou en pratique. Pour les condamnés à mort, la nouvelle n’aurait pas pu arriver plus tôt.
Le ministre de la Justice du Zimbabwe, Ziyambi Ziyambi, affirme que l’abolition est bonne pour les droits de l’homme.
« Il y a des moments où les gens sont humains et font des erreurs. Il y a des moments où quelqu’un peut être condamné à tort. Des années plus tard, on se rend compte que ce n’est pas l’individu qui a commis le crime. Ainsi, imposer la peine de mort signifierait que l’on ne peut pas inverser ce qui serait arrivé. Nous pensons qu’il s’agit d’une démarche très positive », déclare Ziyambi.
Cependant, les défenseurs des droits humains s’inquiètent d’une disposition qui permettra le rétablissement de la peine de mort, lorsque l’État déclare un état d’urgence publique conformément à l’article 113 de la Constitution.
Lucia Masuka, directrice exécutive d’Amnesty International au Zimbabwe, estime qu’il est important que le gouvernement abroge cette disposition.
« Ce qu’il est important de souligner, c’est que cette peine prévue par la loi sur la défense s’applique aux officiers militaires et pas nécessairement aux civils. En tant qu’Amnesty International, nous avons également exprimé notre préoccupation car, en tant qu’organisation de défense des droits humains, notre position est que nous nous opposons à la peine de mort en toutes circonstances, quels que soient la nature de l’infraction, l’individu concerné et la méthode d’exécution. Nous avons donc appelé le gouvernement à abroger cette disposition qui prévoit une suspension et une possibilité de réintégration en cas d’urgence publique », explique Masuka.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2017, le président zimbabwéen Mnangagwa a ouvertement exprimé son opposition à la peine capitale. Le Zimbabwe a procédé à une exécution pour la dernière fois en 2005. Actuellement, 24 pays africains ont totalement aboli la peine de mort.
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