Les pays de l’Alliance des États du Sahel, le Niger, le Burkina Faso et le Mali, ont créé une force conjointe qui sera bientôt déployée sur leur territoire pour lutter contre la montée de la violence extrémiste, a déclaré mercredi le ministre nigérien de la Défense.
Cette force de 5 000 hommes sera déployée dans les trois pays, a déclaré Salifou Mody lors d’un entretien à la télévision d’État, ajoutant que certaines opérations conjointes ont déjà eu lieu.
Le Niger et ses voisins, le Mali et le Burkina Faso, luttent depuis plus d’une décennie contre une insurrection menée par des groupes djihadistes, dont certains alliés à Al-Qaida et au groupe État islamique.
Le ministre Mody a également déclaré que la force disposera de son propre personnel, ainsi que de ressources aériennes, terrestres et de renseignement, ainsi que d’un système de coordination.
« Nous sommes dans le même espace. Nous sommes confrontés aux mêmes types de menaces, en particulier celle émanant de groupes criminels », a déclaré le ministre de la Défense. « Il a fallu mutualiser nos efforts. »
Les violences au Niger, au Mali et au Burkina Faso ont tué plus de 3 470 personnes au cours des six derniers mois tandis que 2,6 millions de personnes sont actuellement déplacées, selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés.
En plus des menaces physiques sur le terrain, le Niger fait face à une guerre informationnelle de grande ampleur. Selon le ministre, des moyens considérables sont déployés pour semer le doute et déstabiliser la population, notamment à travers des campagnes médiatiques internes et externes, soulignant que l’une des clés de la victoire réside dans la capacité à maintenir la cohésion nationale. Une attention particulière est portée à la sensibilisation des populations afin qu’elles deviennent des actrices à part entière de la défense nationale. « Cette guerre, c’est celle de tout le monde« , insiste le ministre Mody.