A LA UNE Diplomatie SOUDAN DU SUD

Le Soudan du Sud affirme que le vice-président Machar, arrêté, a tenté de fomenter une rébellion

Le gouvernement du Soudan du Sud a déclaré vendredi que le premier vice-président Riek Machar était « assigné à résidence », deux jours après son arrestation, alors qu’un ancien Premier ministre kenyan est arrivé à Juba pour servir de médiateur dans la crise menaçant de mettre fin au fragile accord de paix entre factions rivales.

Selon Michael Makuei, porte-parole du gouvernement et ministre de l’Information du Soudan du Sud, Machar et les membres de son parti, l’Armée populaire de libération du Soudan dans l’opposition (SPLM-IO), actuellement en état d’arrestation, feront l’objet d’une enquête et devront rendre des comptes pour le complot présumé visant à renverser le gouvernement.

Le ministre a accusé Machar de « les inciter à se rebeller contre le gouvernement dans le but de perturber la paix afin que les élections ne soient pas organisées et que le Soudan du Sud replonge dans la guerre ».

Cette déclaration constitue un signal fort quant aux intentions du président Salva Kiir concernant Riek Machar.

Les deux dirigeants entretiennent des liens étroits depuis l’accord de paix conclu en 2018, qui visait à mettre fin au conflit civil qui opposa pendant cinq ans les forces Dinka de Kiir aux combattants Nuer fidèles à Machar.

« L’accord de paix n’a pas été rompu et ne le sera en aucun cas », a déclaré Makuei.

Raila, nommé envoyé du Kenya par le président William Ruto, s’est entretenu avec Kiir vendredi et s’est dit encouragé par la possibilité d’une résolution du conflit.

Le parti de Machar a déclaré dans un communiqué que la visite de Raila constituait une avancée diplomatique positive.

Machar a été arrêté mercredi après qu’un convoi composé de 20 véhicules lourdement armés a pris d’assaut sa résidence à Juba, où ses agents de sécurité ont été désarmés.

« Nous sommes préoccupés par les informations selon lesquelles le premier vice-président du Soudan du Sud, Machar, est assigné à résidence. Nous exhortons le président Kiir à revenir sur cette décision et à empêcher une nouvelle escalade de la situation », ont déclaré les États-Unis dans un communiqué sur X.

L’ONU craint une reprise de la guerre civile qui a entraîné le déplacement de nombreuses personnes et la mort d’autres.

« Soyons clairs : ce que nous voyons rappelle cruellement les guerres civiles de 2013 et 2016, qui ont fait 400 000 morts », a déclaré vendredi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

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