Le général Brice Oligui Nguema, chef militaire du Gabon, auteur en 2023 d’un coup d’État qui a mis fin à près de 60 ans de dynastie, a remporté l’élection présidentielle de samedi avec plus de 90 % des voix, selon les résultats provisoires.

Avant le scrutin, des critiques ont affirmé que la nouvelle constitution et le nouveau code électoral visaient à offrir à Oligui Nguema une voie facile vers le pouvoir.
Certains poids lourds de l’opposition, qui auraient pu représenter un sérieux défi politique, ont été exclus de la course.
Sa victoire électorale consolide son emprise sur le pouvoir, près de deux ans après avoir orchestré la chute du président Ali Bongo, dont la famille était au pouvoir au Gabon depuis 1967.
Oligui Nguema, 50 ans, faisait face à sept autres candidats, dont l’ancien Premier ministre Alain Claude Bilie-by-Nze, qui a servi sous le régime Bongo, et deux piliers de l’ancien parti au pouvoir, le PDG, Stéphane Germain Iloko et Alain Simplice Boungouères.
« Brice Clotaire Oligui Nguema est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés, avec 575 222 voix », a annoncé le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault.
Son principal adversaire, Bilie-by-Nze, a recueilli un peu plus de 3 % des voix.
Plus de sept électeurs inscrits sur dix ont participé au scrutin, ce qui, selon les autorités et certains observateurs, témoigne d’un déroulement transparent et pacifique de l’élection.
Des irrégularités ont toutefois été signalées
Dans certains bureaux de vote, le scrutin a été retardé, tandis que certains électeurs inscrits sur les listes électorales n’ont pas pu retrouver l’endroit où ils devaient déposer leur bulletin.
Bilie-by-Nze s’est dit particulièrement préoccupé par les allégations selon lesquelles, dans certains endroits, les bulletins de vote non marqués n’étaient pas conservés en lieu sûr, et a exprimé ses craintes quant à leur utilisation pour bourrer les urnes.
La victoire d’Oligui Nguema lui assure un mandat de sept ans et les moyens de lutter contre la corruption et la mauvaise gouvernance qui ont caractérisé le règne des Bongo.
L’ancien commandant de la Garde républicaine, un homme d’élite, s’est révélé très populaire auprès d’une population soulagée d’être débarrassée du régime dynastique, promettant de débarrasser le pays des maux qui avaient terni l’image du Gabon.
Ce pays, riche en pétrole et en bois, ne compte que 2,5 millions d’habitants. Malgré ses ressources, environ 35 % de la population vit encore sous le seuil de pauvreté de 2 dollars par jour.