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RDC : Joseph Kabila dénonce des «décisions arbitraires» après la levée de son immunité parlementaire

Au lendemain de la levée de son immunité parlementaire par le Sénat congolais, Joseph Kabila s’est exprimé ce vendredi 23 mai dans la soirée. Dans une allocution diffusée sur internet, l’ancien président a indiqué vouloir se rendre prochainement à Goma, dans l’est de la RDC, et a violemment critiqué le gouvernement. 

Affirmant vouloir « briser ce long silence parce que l’enjeu est de taille, non pas pour ma famille, moins encore pour ma modeste personne, mais plutôt pour la Nation congolaise », Joseph Kabila a également justifié sa prise de parole en se présentant en sauveur : « Continuer à me taire m’aurait rendu poursuivable devant le tribunal de l’histoire pour non-assistance à plus de 100 millions de compatriotes en danger », a-t-il ainsi déclaré.

Kabila est recherché au Congo pour crimes contre l’humanité présumés pour avoir soutenu l’insurrection dans l’est du pays, notamment pour son rôle dans le massacre de civils. Le Congo a également décidé de suspendre son parti politique et de saisir les avoirs de ses dirigeants.

« Quant à la justice… elle a complètement abdiqué ses responsabilités, se laissant ouvertement instrumentaliser à des fins politiques », a déclaré Kabila, qui nie tout lien avec le groupe rebelle, dans un discours prononcé vendredi soir.

« Elle n’est donc rien d’autre qu’un instrument d’oppression pour une dictature qui tente désespérément de survivre », a-t-il ajouté.

Il a également appelé au retrait immédiat de toutes les troupes étrangères du territoire national.

Kabila a démissionné après près de 20 ans au pouvoir en 2018, cédant aux protestations. Il est hors du pays depuis fin 2023, principalement en Afrique du Sud.

Le Sénat a approuvé la levée de son immunité par 88 voix contre 5 lors d’un vote à bulletin secret.

Kabila affirme depuis des semaines qu’il retournerait au Congo pour contribuer à la recherche d’une solution à la crise dans l’est du pays, où les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, contrôlent désormais de vastes étendues de territoire.

« Suite à une simple rumeur de la rue ou des réseaux sociaux sur ma prétendue présence à Goma, où je vais me rendre dans les prochains jours comme annoncé par ailleurs, le régime en place à Kinshasa a pris des décisions arbitraires », a déclaré M. Kabila vendredi soir. « La dictature doit prendre fin », a-t-il poursuivi.

« En tant que soldat, j’ai juré de défendre mon pays jusqu’au sacrifice suprême… Je reste plus que jamais fidèle à ce serment », a-t-il déclaré.

Face à ce qu’il décrit comme une crise « profonde et multidimensionnelle », Joseph Kabila propose un « pacte citoyen » articulé autour de douze points clés. Ce pacte viserait, selon lui, à restaurer la stabilité, la démocratie et le développement en RDC. Voici les principales mesures qu’il préconise :

  1. Mettre fin à la dictature
  2. Arrêter la guerre ;
  3. Rétablir l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire national ;
  4. Restaurer la démocratie en revenant aux fondamentaux d’un véritable État de droit ;
  5. Rétablir les libertés fondamentales ;
  6. Réconcilier les Congolais et reconstruire la cohésion nationale ;
  7. Relancer le développement du pays par la mise en place d’une bonne gouvernance économique, d’une gestion administrative et financière orthodoxe, et d’une répartition équitable des ressources nationales.
  8. Relancer le dialogue sincère et permanent avec tous les pays voisins en vue de l’instauration de la paix et du développement durables dans la région ;
  9. Rétablir la crédibilité du pays auprès des partenaires, aux niveaux tant régional, continental qu’international ;
  10. Neutraliser tous les groupes armés nationaux et étrangers, et, rapatrier ces derniers dans leurs pays d’origine ;
  11. Mettre définitivement fin au recours et à l’utilisation des mercenaires ;
  12.  Ordonner le retrait, sans délai, de toutes les troupes étrangères du territoire national.

Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père. Il a refusé de démissionner à la fin officielle de son dernier mandat en 2016, ce qui a provoqué des manifestations meurtrières, avant d’accepter de quitter ses fonctions après les élections de 2018.

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