Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a déclaré dimanche que le plan d’autonomie du Maroc pour le territoire du Sahara occidental constituait la solution la plus crédible à ce conflit qui dure depuis des décennies, inversant ainsi la position de longue date de Londres.
Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole riche en minéraux, est en grande partie contrôlé par le Maroc, mais revendiqué dans son intégralité depuis des décennies par le Front Polisario, indépendantiste et soutenu par l’Algérie.
Le Maroc milite pour un large soutien à son plan d’autonomie après avoir obtenu la reconnaissance américaine de sa souveraineté sur le territoire contesté en 2020, en échange de la normalisation de ses relations diplomatiques avec Israël.
« Le Royaume-Uni considère la proposition d’autonomie du Maroc, soumise en 2007, comme la base la plus crédible, la plus viable et la plus pragmatique pour une résolution durable du conflit », a déclaré M. Lammy aux journalistes à Rabat.
La Grande-Bretagne avait auparavant soutenu l’autodétermination du territoire contesté, que le Maroc revendique comme partie intégrante de son royaume.
Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a salué ce changement de position, affirmant que la nouvelle position britannique contribuait « grandement à faire progresser cette dynamique et à promouvoir la voie de l’ONU vers une solution définitive et mutuellement acceptable, fondée sur l’initiative d’autonomie ».
Soutien européen croissant
Les efforts de Rabat pour soutenir son plan d’autonomie ont porté leurs fruits.
L’Espagne et l’Allemagne soutiennent désormais officiellement le plan d’autonomie marocain, tandis que la France a reconnu l’été dernier la souveraineté du Maroc sur le territoire.
L’Algérie, qui soutient le Front Polisario et a rompu ses relations diplomatiques avec Rabat en 2021, a déclaré « regretter » la décision britannique, dimanche, de soutenir le plan d’autonomie marocain.
« En 18 ans d’existence, ce plan n’a jamais été soumis aux Sahraouis comme base de négociation, ni pris au sérieux par les envoyés successifs de l’ONU », a déclaré le ministère algérien des Affaires étrangères dans un communiqué.
Les Nations Unies considèrent le Sahara occidental comme un « territoire non autonome » et y déploient une mission de maintien de la paix depuis 1991, dont l’objectif déclaré est d’organiser un référendum sur l’avenir du territoire.
Mais Rabat a exclu à plusieurs reprises tout scrutin où l’indépendance serait une option, proposant à la place un plan d’autonomie.
« Cette année est une occasion cruciale de parvenir à une résolution avant le cinquantième anniversaire du conflit en novembre », a déclaré Lammy.
Le ministre britannique des Affaires étrangères a également déclaré qu’il encourageait « les parties concernées à s’engager de toute urgence et de manière positive dans le processus politique mené par les Nations Unies ».
Le cessez-le-feu a été rompu mi-novembre 2020 après le déploiement de troupes marocaines à l’extrême sud du territoire pour déloger les séparatistes qui bloquaient la seule route vers la Mauritanie – une route qu’ils jugeaient illégale, car inexistante en 1991.
Le Conseil de sécurité de l’ONU appelle à des négociations sans conditions préalables, tandis que le Maroc insiste pour qu’elles se concentrent uniquement sur son plan d’autonomie.
« La seule solution viable et durable sera une solution mutuellement acceptable pour les parties concernées et issue d’un compromis », a ajouté M. Lammy.
Dans une déclaration commune, le Royaume-Uni a indiqué que son agence de crédit à l’exportation, UK Export Finance, pourrait envisager de soutenir des projets au Sahara dans le cadre de son engagement à mobiliser 5 milliards de livres sterling (environ 5,9 milliards d’euros) pour de nouvelles initiatives économiques au Maroc.