Le président déchu de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, est arrivé samedi à Brazzaville, la capitale de la République du Congo, « pour y rester » quelques jours après la prise de pouvoir par l’armée, selon une source de la présidence congolaise.
Les soldats ont renversé le gouvernement d’Embalo mercredi, avant même la proclamation des résultats des élections présidentielles et législatives du week-end, perpétuant ainsi l’instabilité politique qui sévit dans ce petit État lusophone.
« Le président Embalo est arrivé en fin de matinée à Brazzaville à bord d’un jet privé affrété par les autorités », a déclaré à l’AFP une source proche du pouvoir congolais, sous couvert de l’anonymat.
Embalo avait initialement quitté Bissau pour le Sénégal voisin à bord d’un vol spécial, tandis que des officiers militaires installaient jeudi le général de division Horta Inta-a comme président de transition.
La prise de pouvoir par les militaires a été largement critiquée, notamment par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres qui a dénoncé une « violation des principes démocratiques ».
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a suspendu, jeudi, la Guinée-Bissau de « tous ses organes décisionnels ». L’Union africaine (UA) a également suspendu le pays de ses instances, vendredi.
La Guinée-Bissau, située entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), a déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal en 1974. La proclamation des résultats électoraux y a souvent donné lieu à des contestations.