Les dirigeants qui ont pris le pouvoir en Guinée-Bissau par un coup d’État en novembre ont promis d’intégrer le parti révolutionnaire PAIGC au gouvernement et ont libéré son chef, l’ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira, qui demeure toutefois assigné à résidence.
Ces mesures constituent une tentative manifeste d’apaiser la CEDEAO, organisation régionale ouest-africaine qui a suspendu la Guinée-Bissau et exige une transition rapide vers un régime civil.
Des officiers de l’armée en Guinée-Bissau, se faisant appeler le Haut Commandement Militaire, ont renversé le président Umaro Sissoco Embalo le 26 novembre et installé le général de division Horta Inta-a comme président par intérim le lendemain.
Le coup d’État, le neuvième en Afrique de l’Ouest et centrale en cinq ans, a perturbé les élections présidentielles et législatives.
Dans une lettre adressée à la CEDEAO et diffusée aux journalistes durant le week-end, Inta-a a annoncé son intention de former un gouvernement de transition « inclusif » qui attribuerait trois portefeuilles ministériels au PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert).
Inta-a a également annoncé que trois portefeuilles seraient attribués au Parti du renouveau social (PRS) dirigé par Fernando Dias, considéré comme le principal rival d’Embalo lors des élections de novembre. Il a par ailleurs déclaré que tous les prisonniers politiques seraient libérés.
La junte a annoncé vendredi la libération de Pereira, membre du PAIGC, détenu depuis le coup d’État, mais son assignation à résidence pour suspicion de délits économiques.
Des sources proches du dossier ont indiqué à Reuters vendredi que Dias avait quitté l’ambassade du Nigeria où il s’était réfugié et n’était plus menacé d’arrestation.
Dans les jours qui ont suivi le coup d’État, la CEDEAO a appelé la junte à rétablir l’ordre constitutionnel et à permettre la reprise du processus électoral. Cependant, la commission électorale a déclaré être dans l’incapacité de mener à bien le scrutin, des hommes armés s’étant emparés des bulletins de vote et ayant détruit les serveurs contenant les résultats.
Le mois dernier, un décret présidentiel a fixé la date des nouvelles élections présidentielles et législatives au 6 décembre 2026.