Une frappe aérienne de l’armée de l’air nigériane, visant des rebelles djihadistes, a touché un marché local dans le nord-est du Nigeria, faisant plus de 100 morts et de nombreux blessés, selon une organisation de défense des droits humains et les médias locaux, dimanche. Les autorités ont confirmé un tir accidentel, sans fournir plus de détails.
Amnesty International a indiqué avoir confirmé, auprès de survivants, qu’au moins 100 personnes ont été tuées lors de cette frappe aérienne, samedi, sur un village de l’État de Yobe, près de la frontière avec l’État de Borno, épicentre de l’insurrection djihadiste qui ravage la région depuis plus de dix ans.
Ces tirs accidentels sont fréquents au Nigeria, où l’armée mène régulièrement des raids aériens pour combattre les groupes armés qui contrôlent de vastes zones forestières.
Le grand marché isolé où la bavure a eu lieu, situé à la frontière entre Borno et Yobe, est connu pour être souvent fréquenté par des djihadistes de Boko Haram qui viennent s’y procurer des vivres.
Abdulmumin Bulama, membre d’un groupe de sécurité civile collaborant avec l’armée nigériane dans le nord-est du pays, a déclaré avoir reçu des renseignements selon lesquels des terroristes de Boko Haram se rassemblaient à proximité du marché et préparaient vraisemblablement une attaque contre les communautés voisines.
« Les renseignements ont été transmis et l’avion de chasse de l’armée de l’air a agi sur la base d’informations crédibles », a-t-il précisé.
Le gouvernement de l’État de Yobe a confirmé dans un communiqué qu’une frappe militaire nigériane visait un bastion du groupe djihadiste Boko Haram dans la région et que « certaines personnes… qui se rendaient au marché hebdomadaire de Jilli ont été touchées ». L’Agence de gestion des urgences de l’État de Yobe a également reconnu qu’un incident s’était produit, faisant des victimes, et a indiqué avoir dépêché des équipes d’intervention sur place, tout en appelant la population au calme.
L’armée nigériane a publié un communiqué affirmant avoir mené avec succès une frappe contre une « enclave terroriste et une base logistique » appartenant à des djihadistes de la région, tuant plusieurs d’entre eux alors qu’ils circulaient à moto. Elle n’a fourni aucun détail concernant un éventuel tir accidentel, mais a rappelé que la circulation des motos reste interdite dans les zones de conflit et que « tout déplacement de ce type dans les zones réglementées est donc traité avec la plus grande gravité ».