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Les béninois se rendent aux urnes ce dimanche pour élire le successeur de Patrice Talon, Romuald Wadagni part largement favori

Les Béninois votent ce dimanche pour élire le successeur du président Patrice Talon, qui quitte ses fonctions après une décennie au pouvoir. Son bilan est mitigé : croissance économique, insurrection djihadiste croissante dans le nord et répression de l’opposition.

Romuald Wadagni, ministre des Finances de 49 ans et candidat de la coalition gouvernementale, est pressenti pour succéder à Talon. Il est opposé à Paul Hounkpè, seul candidat de l’opposition.

Près de 8 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes électorales, répartis dans plus de 17 000 bureaux de vote à travers le pays. Le Bénin comptait plus de 15 millions d’habitants en 2024 et, comme de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, sa population est majoritairement jeune. Le scrutin devrait se terminer à 16 heures et les résultats sont attendus dans les 48 heures.

Renaud Agbodjo, chef des Démocrates, a été empêché de participer aux élections après avoir échoué à obtenir un nombre suffisant de soutiens parlementaires – un seuil que les critiques jugent artificiellement conçu pour écarter les rivaux.

Bien que le Bénin ait historiquement figuré parmi les démocraties les plus stables d’Afrique, les dirigeants de l’opposition et les organisations de défense des droits humains accusent Talon d’instrumentaliser le système judiciaire pour marginaliser ses opposants politiques.

Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé la répression systématique de la dissidence sous le régime de Talon, citant des détentions arbitraires, un durcissement des restrictions sur les manifestations publiques et une pression croissante sur les médias indépendants.

Ces dernières années, des manifestations contre la hausse du coût de la vie ont émergé, mais le gouvernement et les forces de sécurité ont réprimé toute dissidence.

En décembre, un groupe d’officiers a tenté de renverser le gouvernement de Talon lors d’un coup d’État manqué, le dernier d’une série de tentatives de prise de pouvoir par l’armée à travers l’Afrique. La plupart de ces tentatives suivent un schéma similaire : élections contestées, bouleversements constitutionnels, crises sécuritaires et mécontentement de la jeunesse.

Parmi les principales revendications des putschistes figurait la détérioration de la sécurité dans le nord du Bénin.

Depuis des années, le Bénin subit les répercussions des violences qui se propagent dans son nord depuis le Burkina Faso et le Niger voisins, en conflit avec le groupe extrémiste Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda.

La zone des trois frontières est depuis longtemps un foyer de violence extrémiste, une situation aggravée par le manque de coopération sécuritaire avec le Niger et le Burkina Faso, deux pays désormais dirigés par des militaires.

Associated Press

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