Le scrutin est clos, place désormais à l’attente. Au Bénin, la Commission électorale nationale autonome (CENA) doit annoncer, au plus tard mercredi, les résultats provisoires de l’élection présidentielle organisée dimanche, à l’issue d’une journée de vote globalement calme.
Environs huit (8) millions d’électeurs étaient appelés à se prononcer pour désigner le successeur du président sortant, Patrice Talon, au terme de ses deux mandats constitutionnels. Deux candidats étaient en lice : Romuald Wadagni, actuel ministre de l’Économie et des Finances et considéré comme le dauphin du chef de l’État, et Paul Hounkpè, ancien ministre de la Culture, représentant d’une opposition jugée marginale.
Sans réelle surprise, Romuald Wadagni s’impose comme le favori du scrutin, bénéficiant du soutien des partis de la majorité et d’une campagne peu disputée. En face, Paul Hounkpè peine à incarner une alternative crédible, dans un contexte électoral que de nombreux observateurs estiment joué d’avance.
La participation constitue toutefois l’un des principaux enjeux de cette élection. Dans les grandes agglomérations, notamment à Cotonou et Porto-Novo, la mobilisation est restée faible tout au long de la journée, avec des taux de participation parfois estimés entre 20 et 40 % dans certains bureaux de vote. Une abstention marquée, qui contraste avec une affluence plus notable observée dans certaines zones rurales.
Ce désengagement électoral s’inscrit dans un contexte politique particulier, marqué par l’absence du principal parti d’opposition, Les Démocrates, dont la candidature n’a pas été validée faute de parrainages suffisants. Une situation qui a privé une partie de l’électorat d’une offre politique alternative.
Par ailleurs, plusieurs irrégularités ont été signalées au cours du scrutin. Des organisations de la société civile font état d’une centaine d’alertes, évoquant notamment des ouvertures anticipées de bureaux de vote ou la présence supposée d’urnes déjà remplies.
Sur le plan économique, le prochain président héritera d’un pays affichant des indicateurs solides, avec une croissance soutenue et un produit intérieur brut ayant doublé en une décennie, dépassant les 6 % de progression annuelle. Mais les défis restent importants, notamment en matière de lutte contre la pauvreté, d’emploi des jeunes, de respect des libertés publiques et de sécurité, en particulier dans le nord du pays.
Prudence AGBALETI