Le Sadio Camara, ministre de la Défense du Mali et pilier du pouvoir de transition, a été tué, samedi 25 avril, lors d’une attaque visant sa résidence à Kati, ville-garnison située à une quinzaine de kilomètres de Bamako.
Selon plusieurs sources, l’attaque, menée à l’aide d’un véhicule-bélier, a été attribuée à des éléments du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda au Sahel, en coordination avec le Front de libération de l’Azawad. Elle s’inscrit dans une série d’offensives simultanées ayant ciblé plusieurs villes du pays, dont Bamako, Kidal, Gao et Mopti, prenant de court les forces armées maliennes.
Le bilan humain est particulièrement lourd. Outre le ministre, des membres de sa famille figurent parmi les victimes, dont l’une de ses épouses et deux de ses petits-enfants, présents au moment de l’attaque. Des civils ont également perdu la vie.
Officier réputé pour sa rigueur et son sens de la discipline, le général Sadio Camara occupait une place centrale au sein de la transition dirigée par le général Assimi Goïta, arrivé au pouvoir à la suite des coups d’État de 2020 et 2021.
Né en 1979 à Kati, il était issu de l’École militaire interarmes (EMIA) de Koulikoro. Avant son accession aux plus hautes responsabilités, il avait occupé plusieurs postes stratégiques au sein de l’appareil militaire malien et bénéficié de formations à l’international, notamment aux États-Unis, en Russie et en Chine. Entre 2016 et 2020, il avait notamment dirigé le Prytanée militaire de Kati, contribuant à la formation de nouvelles générations d’officiers.
Cet événement s’inscrit dans un paysage sécuritaire délétère. Les autorités de transition, acculées par l’intensification de la menace djihadiste, peinent désormais à maintenir le contrôle du pays et la cohésion nationale.
Prudence AGBALETI