Des centaines de Sud-Africains ont manifesté dans les rues de Johannesburg mercredi pour protester contre l’immigration clandestine massive, qui exacerbe les tensions entre locaux et ressortissants étrangers.
Cette manifestation s’inscrit dans un mouvement de protestation plus large, qui a également eu lieu mardi à Pretoria, la capitale. Les groupes anti-immigration réclament une application stricte des lois sur l’immigration et des expulsions massives.
L’Afrique du Sud, l’une des économies les plus industrialisées d’Afrique, attire des migrants – en situation régulière ou irrégulière – en quête d’opportunités économiques.
À Johannesburg, les manifestations ont entraîné la fermeture de nombreux commerces, appartenant aussi bien à des locaux qu’à des migrants, par crainte de pillages ou de délits opportunistes.
Organisée par le groupe anti-immigration March and March, la manifestation a également rallié des organisations similaires, comme Operation Dudula, ainsi que les partis politiques ActionSA et Patriotic Alliance.
« Nous ne sommes pas xénophobes, nous voulons simplement que les choses soient faites correctement en Afrique du Sud, que les Sud-Africains passent avant tout. Nous voulons vivre avec des étrangers dans notre pays, mais ces étrangers doivent y séjourner légalement », a déclaré Themba Mabunda d’ActionSA, qui a participé à la marche.
Les estimations du nombre d’immigrants sans papiers et en situation irrégulière en Afrique du Sud varient considérablement, les chiffres souvent avancés oscillant entre 3 et 5 millions. L’exactitude des chiffres actualisés est contestée, car une grande partie de ces étrangers sont sans papiers.
Les groupes anti-immigration affirment que l’immigration clandestine est responsable du surpeuplement des villes, des tensions sociales, des pertes de recettes fiscales, de la criminalité et des menaces à la sécurité des frontières, dans un pays où le chômage dépasse les 30 %.
Dans certains cas, ces mêmes groupes ont chassé des ressortissants étrangers des établissements de santé publics, les accusant de contribuer à la pénurie de médicaments et à la surpopulation.
Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a récemment exprimé son inquiétude face aux informations faisant état d’attaques xénophobes, d’actes de harcèlement et d’intimidation à l’encontre de migrants et de ressortissants étrangers dans certaines régions d’Afrique du Sud, notamment au KwaZulu-Natal et dans la province du Cap-Oriental.
Une manifestation contre l’immigration clandestine dans la province du Cap-Oriental le mois dernier a dégénéré en incendies violents de minibus et d’infrastructures publiques. Parallèlement, des agressions présumées contre des ressortissants ghanéens au KwaZulu-Natal ont provoqué un incident diplomatique, l’ambassadeur d’Afrique du Sud au Ghana étant convoqué pour s’expliquer.
L’Afrique du Sud a expulsé 109 344 immigrants en situation irrégulière au cours des deux derniers exercices budgétaires, tandis que le ministère renforce ses contrôles en matière d’immigration.