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G20 : l’UA dénonce l’exclusion de l’Afrique du Sud par les États-Unis

L’Union africaine (UA) a fermement condamné l’exclusion de l’Afrique du Sud des réunions du G20 organisées sous la présidence des États-Unis, en dépit du statut de membre officiel de Pretoria.

Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé cette position lors d’une intervention devant la presse en Afrique du Sud, où il participait à une session extraordinaire du Parlement panafricain. Il a dénoncé une mise à l’écart qu’il juge injustifiée.

« Nous ne faisons pas que nous inquiéter : nous condamnons cette situation et nous la rejetons », a-t-il déclaré, pointant l’absence de participation active de l’Afrique du Sud aux processus du G20 cette année.

Pour l’UA, cette exclusion affaiblit la portée des discussions internationales, notamment sur les questions de durabilité et de développement. Mahmoud Ali Youssouf a rappelé que Pretoria avait joué un rôle central au sein du G20, notamment lors de sa précédente présidence, saluée sur le continent africain.

Il a également insisté sur le principe d’inclusivité au sein du forum : « La plateforme du G20 n’est le monopole d’aucun pays. (…) Le pays africain que nous voulons voir à la table, c’est l’Afrique du Sud. »

Tensions diplomatiques avec Washington

Cette situation intervient dans un contexte de tensions entre Pretoria et Washington. Le président américain, Donald Trump, accuse les autorités sud-africaines de discriminations à l’encontre de la minorité blanche, évoquant notamment un supposé « génocide » et des expropriations foncières.

Le dirigeant américain avait déjà boycotté le sommet du G20 organisé à Johannesburg l’année précédente, qualifiant l’événement de « scandale absolu ». Les États-Unis n’y avaient pas été représentés à un niveau officiel et s’étaient opposés à la publication du communiqué final.

Washington conteste également plusieurs priorités défendues par Pretoria au sein du G20, notamment la lutte contre le changement climatique, le financement de la transition énergétique et la gestion des risques liés aux catastrophes climatiques.

Plus récemment, l’administration américaine a refusé d’accréditer le ministre sud-africain des Finances, Enoch Godongwana, l’empêchant de participer à une réunion organisée à Washington.

Malgré ces tensions, les autres membres du G20 avaient adopté une déclaration commune lors du sommet de Johannesburg, à l’initiative de l’Afrique du Sud, illustrant la volonté de maintenir une dynamique collective au sein du groupe.

Pour l’Union africaine, l’exclusion de Pretoria constitue un précédent préoccupant et remet en question les principes de représentativité et de coopération internationale censés guider le fonctionnement du G20.

Prudence AGBALETI

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