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RDC : Félix Tshisekedi se dit ouvert à un troisième mandat sous condition d’un “appel du peuple”

Lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa, le président congolais Félix Tshisekedi a affirmé qu’il pourrait accepter de briguer un troisième mandat si les Congolais le réclamaient. Le chef de l’État a également défendu l’idée d’une éventuelle révision constitutionnelle par référendum, dans un cadre caractérisé par des tensions politiques et sécuritaires intenses en République démocratique du Congo.

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a relancé mercredi 6 mai, le débat autour d’une possible réforme constitutionnelle et d’un éventuel troisième mandat présidentiel. S’exprimant au cours d’une conférence de presse organisée à Kinshasa, le chef de l’État s’est dit prêt à répondre à un éventuel “appel du peuple”, tout en assurant qu’aucune modification de la Constitution ne pourrait intervenir sans consultation populaire.

« Je n’ai pas sollicité de troisième mandat. J’aimerais partir après mes deux mandats en 2028. Mais si les Congolais me demandent de revenir, je suis à leur disposition », a déclaré le président congolais en réponse à une question portant sur les discussions autour d’une réforme constitutionnelle.

Au pouvoir depuis janvier 2019, Félix Tshisekedi a insisté sur le fait qu’une révision de la Loi fondamentale devrait impérativement passer par un référendum. « Si changement ou révision de la Constitution doit se faire, ce ne sera jamais sans consulter la population », a-t-il affirmé.

Depuis plusieurs mois, la question d’une réforme constitutionnelle alimente le débat politique en RDC. Des cadres de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), formation politique du président, plaident ouvertement pour une révision de certaines dispositions de la Constitution de 2006, notamment l’article 220 qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Ces prises de position provoquent une vive opposition au sein de la classe politique et de la société civile. Plusieurs figures de l’opposition, mais aussi les Églises catholique et protestante, particulièrement influentes dans le pays, dénoncent toute tentative de modification des clauses considérées comme intangibles de la Constitution.

Face aux critiques, Félix Tshisekedi a assumé l’ancienneté de cette réflexion au sein de son camp politique, estimant que ce projet s’inscrivait dans la continuité des positions historiques de l’UDPS.

Le président congolais a également évoqué la situation sécuritaire préoccupante dans l’est du pays, estimant qu’une aggravation du conflit pourrait compromettre l’organisation de l’élection présidentielle prévue en 2028.

« Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement on ne saura pas organiser les élections en 2028 », a-t-il déclaré, faisant référence aux violences persistantes dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où plusieurs localités restent sous le contrôle des rebelles de l’Alliance Fleuve Congo/M23.

Le chef de l’État a insisté sur l’impossibilité, selon lui, d’organiser des élections sans la participation des populations de ces régions en conflit. Il a notamment établi un parallèle avec la situation en Ukraine, où plusieurs scrutins ont été reportés en raison de la guerre.

Sur le plan politique, Félix Tshisekedi a par ailleurs rejeté les appels au dialogue formulés par une partie de l’opposition et des organisations de la société civile. Selon lui, de telles concertations ne constitueraient pas une solution efficace pour mettre fin à l’insécurité dans l’est de la RDC.

Prudence AGBALETI

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