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Tunisie : l’ex-ministre de la Justice Noureddine Bhiri condamné à 20 ans de prison

La justice tunisienne a condamné l’ancien ministre de la Justice Noureddine Bhiri à vingt (20) ans de réclusion dans une affaire liée à l’octroi de passeports à des personnes accusées de terrorisme. Cette nouvelle condamnation intervient dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions entre le pouvoir tunisien et les figures de l’opposition issues du mouvement Ennahdha.

L’ex-responsable gouvernemental a été condamné à vingt ans de prison par la Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis. Selon la justice tunisienne, Noureddine Bhiri a été reconnu coupable d’avoir facilité l’octroi de passeports à des personnes poursuivies pour des faits liés au terrorisme durant son passage au ministère de la Justice entre 2011 et 2013, période qui a suivi la révolution tunisienne et l’arrivée d’Ennahdha au pouvoir.

Dans cette même affaire, l’ancien haut responsable sécuritaire Fathi Beldi a également été condamné à vingt ans de réclusion. Plusieurs autres accusés ont écopé de peines de onze ans de prison.

Cette nouvelle décision judiciaire vient alourdir le passif pénal de Noureddine Bhiri, déjà condamné en 2024 à dix ans de prison dans une autre affaire liée à une publication diffusée sur Facebook.

Les autorités judiciaires lui reprochaient alors un message appelant les Tunisiens à une « résistance pacifique » contre ce qu’il qualifiait de « coup d’État », en référence aux décisions prises par le président Kaïs Saïed en juillet 2021, lorsqu’il avait suspendu le Parlement et concentré l’essentiel des pouvoirs exécutifs entre ses mains.

Depuis cette date, plusieurs figures politiques proches d’Ennahdha dénoncent une instrumentalisation de la justice et une répression croissante visant les opposants au pouvoir. Les autorités tunisiennes, de leur côté, assurent agir dans le strict cadre de la loi et de la lutte contre la corruption ainsi que le terrorisme.

Par ailleurs, la juridiction spécialisée a décidé de retirer du dossier les noms de Hamadi Jebali et d’autres prévenus, à la suite de recours introduits par leurs avocats.

Cette mesure reste toutefois suspendue à la décision de la Cour de cassation, appelée à se prononcer sur le renvoi ou non de ces accusés devant la chambre spécialisée dans les affaires de terrorisme.

Cette affaire intervient dans un climat politique particulièrement tendu en Tunisie, où les relations entre le pouvoir de Kaïs Saïed et les partis d’opposition continuent de se détériorer sur fond de crise institutionnelle et de débats autour des libertés publiques.

Prudence AGBALETI

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