Le Centre pour la promotion de l’entreprise privée (CPPE) appelle à la retenue après les récentes attaques xénophobes enregistrées en Afrique du Sud. L’organisation estime que d’éventuelles mesures de représailles contre les investissements sud-africains au Nigéria risqueraient d’aggraver les tensions et de fragiliser les relations économiques entre les deux pays.
Le groupe de réflexion spécialisé dans les politiques économiques juge « inappropriées, disproportionnées et contre-productives » les propositions visant des entreprises sud-africaines implantées au Nigéria. Certains parlementaires ont notamment évoqué le retrait de licences d’exploitation ou encore la nationalisation d’actifs appartenant à des groupes sud-africains.
Le directeur général du CPPE, Muda Yusuf, condamne fermement les violences xénophobes, rappelant que plusieurs Nigérians figureraient parmi les victimes. Il invite toutefois les autorités et les responsables politiques à éviter toute réaction susceptible de compromettre la coopération économique entre Abuja et Pretoria.
Cette prise de position intervient après des déclarations du sénateur Adams Oshiomhole, qui a évoqué des sanctions contre certaines entreprises sud-africaines présentes sur le marché nigérian, notamment MTN.
Selon le CPPE, les violences observées en Afrique du Sud ne traduisent pas une politique officielle des autorités sud-africaines. L’organisation les attribue plutôt à des tensions sociales liées au chômage, à la pauvreté, aux inégalités économiques et aux difficultés d’accès aux services publics.
Le CPPE souligne également que les migrants africains restent des cibles fréquentes lors de ces violences, en particulier ceux qui exercent dans le commerce de détail et l’économie informelle. Les ressortissants nigérians figureraient parmi les plus exposés en raison de leur forte présence dans les activités commerciales et entrepreneuriales.
L’organisation met enfin en garde contre les conséquences économiques d’éventuelles sanctions. Elle estime qu’une détérioration des relations entre le Nigéria et l’Afrique du Sud pourrait ralentir les efforts d’intégration économique sur le continent africain.
Prudence AGBALETI