Le médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) auprès de la Confédération des États du Sahel (AES), Lansana Kouyaté, a été reçu lundi en audience par le président du Faso, Ibrahim Traoré, à Ouagadougou. À l’issue de cette rencontre, l’émissaire ouest-africain a plaidé pour une coopération « exemplaire » entre la Cédéao et l’AES, dans un contexte régional marqué par des tensions politiques et sécuritaires persistantes.
Face à la presse, Lansana Kouyaté a indiqué que les échanges avec le chef de l’État burkinabè avaient porté sur plusieurs dossiers sensibles liés à la sécurité et à la stabilité des États de la sous-région.
« Nous avons parlé de sujets assez complexes qui touchent la sécurité, la stabilité de nos pays », a déclaré le médiateur, insistant sur la nécessité de maintenir des passerelles de dialogue entre les deux ensembles régionaux.
En déplacement dans la capitale burkinabè, le représentant de la Cédéao a réaffirmé sa volonté de favoriser un rapprochement entre l’organisation ouest-africaine et la Confédération des États du Sahel, créée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger après leur retrait collectif de la Cédéao.
Pour Lansana Kouyaté, les réalités géographiques et humaines imposent une coopération entre les deux blocs. « La géographie unit ces deux entités, l’AES et la Cédéao », a-t-il rappelé, soulignant qu’une collaboration étroite demeure indispensable pour préserver les intérêts des populations ouest-africaines.
Le médiateur a notamment insisté sur l’enjeu de la libre circulation des personnes et des biens entre les pays membres des deux organisations. Selon lui, il est essentiel d’éviter toute rupture des liens économiques et sociaux entre les populations concernées.
« Il faut permettre aux populations de continuer à aller de part et d’autre », a-t-il affirmé, dans un contexte où les relations entre l’AES et la Cédéao restent fragilisées par la rupture institutionnelle intervenue en janvier 2025.
L’émissaire ouest-africain s’est également félicité de la qualité des échanges avec le capitaine Ibrahim Traoré. Sans dévoiler le contenu précis des discussions, il a indiqué que le président burkinabè avait donné des « instructions éclairées » qui pourraient contribuer à faire avancer les initiatives de dialogue entre les deux parties.
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement quitté la Cédéao au début de l’année 2025, avant de consolider leur alliance au sein de la Confédération des États du Sahel. Cette nouvelle entité régionale entend renforcer sa coopération politique, économique et militaire en dehors du cadre communautaire traditionnel ouest-africain.
Dans ce contexte, la désignation de Lansana Kouyaté comme médiateur traduit la volonté de la Cédéao de maintenir ouverts les canaux diplomatiques avec les autorités de l’AES, malgré les divergences profondes qui persistent entre les deux espaces régionaux.
Prudence AGBALETI