La ville de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a été le théâtre d’une nouvelle attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Au moins 14 civils ont perdu la vie dans la nuit du 30 au 31 mai 2026 lors d’un assaut mené dans le quartier Ngadi, situé dans la commune de Ruwenzori, selon plusieurs sources locales et communautaires.
L’attaque a visé un campement de la communauté autochtone Twa, déjà confrontée à de nombreuses vulnérabilités dans cette région en proie à l’insécurité. D’après les premiers témoignages recueillis auprès des habitants, les assaillants ont fait irruption dans la zone pendant la nuit, prenant pour cible des familles installées sur place. Armés notamment de machettes, ils auraient tué plusieurs personnes avant de s’enfuir en emmenant un nombre encore indéterminé d’habitants.
Les premières informations recueillies au lendemain de l’attaque faisaient état de six à sept victimes. Cependant, au fil des opérations de recherche menées dans les environs, de nouveaux corps ont été découverts sur l’axe Vemba-Katota, portant le bilan provisoire à au moins 14 morts. Les autorités locales et les habitants poursuivent les recherches afin de retrouver les personnes toujours portées disparues et d’établir un bilan plus précis.
Parmi les victimes figure Shukrani Nzanzu Mangese, artiste humoriste connu dans la région de Beni. Membre de la communauté Twa, il s’était forgé une réputation grâce à ses spectacles humoristiques et à son implication dans plusieurs initiatives de sensibilisation sociale et communautaire. L’annonce de sa mort a suscité une vive émotion au sein de la population locale. De nombreux messages d’hommage ont été publiés sur les réseaux sociaux, où plusieurs internautes ont salué son engagement en faveur de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.
Au lendemain du drame, aucun bilan officiel définitif n’avait encore été communiqué par les autorités congolaises. Les services de sécurité et les responsables locaux poursuivent leurs investigations afin d’identifier l’ensemble des victimes, de localiser les personnes enlevées et de déterminer les circonstances exactes de cette attaque.
Cette nouvelle tragédie illustre une fois de plus la fragilité persistante de la situation sécuritaire dans le territoire de Beni. Malgré les opérations militaires menées ces dernières années contre les groupes armés actifs dans la région, les ADF continuent de représenter l’une des principales menaces pour les populations civiles du Nord-Kivu et de l’Ituri.
L’attaque de Ngadi marque également le retour d’une action d’envergure attribuée aux ADF à l’intérieur même de la ville de Beni, qui avait connu ces dernières années une relative accalmie comparativement aux zones rurales environnantes. Cette résurgence de la violence ravive les inquiétudes des habitants et des organisations de la société civile, qui appellent au renforcement des mesures de protection des populations.
Alors que les familles endeuillées tentent de faire face à cette nouvelle épreuve, la population de Beni demeure dans l’attente de réponses des autorités sécuritaires et militaires, dans une région où les violences continuent d’alimenter un climat d’incertitude et de peur.
Prudence AGBALETI