L’Afrique du Sud a rapatrié 2 745 ressortissants étrangers en l’espace d’une semaine, quelques jours après l’engagement du président Cyril Ramaphosa de renforcer la lutte contre l’immigration clandestine.
L’annonce a été faite dimanche par le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber. Selon les autorités, la majorité des personnes concernées se trouvaient sur le territoire sud-africain en situation irrégulière.
Première puissance industrielle du continent, l’Afrique du Sud attire depuis des décennies des migrants venus de plusieurs pays africains à la recherche d’opportunités économiques. Mais la persistance d’un chômage supérieur à 30 % alimente régulièrement des tensions autour de la présence des étrangers.
Ces dernières semaines, plusieurs manifestations hostiles aux immigrés ont été signalées dans différentes régions du pays. Des groupes de citoyens sud-africains ont notamment organisé des marches pour exiger le départ des personnes sans titre de séjour avant le 30 juin.
Face à la montée des violences, marquées par des pillages et des attaques visant des ressortissants étrangers, plusieurs migrants originaires du Nigeria, du Malawi, du Ghana, du Zimbabwe et du Mozambique ont accepté de regagner volontairement leur pays grâce à des programmes de rapatriement mis en place avec le soutien de leurs gouvernements respectifs.
« Jusqu’à hier soir, nous pouvons confirmer que 2 745 rapatriements ont eu lieu depuis l’intervention du président », a déclaré Leon Schreiber.
Parmi les personnes concernées figurent de nombreux ressortissants malawites. Selon un comité interministériel chargé des questions migratoires, près de 7 000 d’entre eux s’étaient regroupés sur un terrain vague de Durban, grande ville portuaire située dans l’est du pays.
Pour faciliter leur retour, le gouvernement du Malawi a déployé huit autobus, tandis que les autorités sud-africaines ont mis à disposition dix véhicules supplémentaires afin d’accélérer l’opération. Des familles entières ont ainsi quitté le pays avec leurs effets personnels.
« Je suis soulagée de partir enfin. C’est mieux que de vivre dans la peur ici », a confié Fortunate Chilenje, une Malawite de 25 ans installée en Afrique du Sud depuis trois ans.
La semaine dernière, le président Cyril Ramaphosa a reconnu les préoccupations d’une partie de la population concernant l’immigration irrégulière. Il a toutefois averti que le gouvernement ne permettrait pas aux citoyens de se substituer aux forces de l’ordre ou à la justice.
Les tensions ont pris une nouvelle ampleur après une marche contre l’immigration clandestine organisée le 29 mai à Mossel Bay, dans la province du Cap-Occidental. Deux ressortissants mozambicains y ont perdu la vie, selon les autorités sud-africaines. Les autorités du Mozambique avancent pour leur part un bilan de cinq morts.
D’après les dernières données officielles, plus de trois millions d’étrangers vivent actuellement en Afrique du Sud, soit environ 5,1 % de la population nationale.
Prudence AGBALETI