Le Rassemblement islamique du Sénégal (RIS Al Wahda) appelle à privilégier le dialogue et la concertation pour faire face aux défis auxquels le pays est confronté.
Réunis dimanche à Dakar autour du thème « Le Sénégal à la croisée des chemins : diagnostic d’un projet de société en crise », responsables du mouvement, universitaires, acteurs religieux et membres de la société civile ont échangé sur les principales préoccupations qui traversent la société sénégalaise.
Pour le président de la Coordination régionale de Dakar du RIS, Mouhamadou Lamine Gaye, cette rencontre s’inscrit dans la vocation du mouvement de contribuer au débat public et à la recherche de solutions aux problèmes nationaux.
« Face aux nombreuses interrogations qui traversent notre pays, il est indispensable de créer des espaces d’échanges permettant d’analyser les réalités et de promouvoir des solutions fondées sur le dialogue, la responsabilité et la solidarité », a-t-il déclaré.
Les discussions ont porté sur plusieurs thématiques, notamment la spiritualité, la gouvernance, la géopolitique et les enjeux économiques. Les participants ont examiné les répercussions des crises internationales, en particulier les conflits au Moyen-Orient et l’instabilité dans le Sahel, sur la sécurité et l’économie de l’Afrique de l’Ouest.
La situation économique du Sénégal a également occupé une place importante dans les échanges. Les intervenants ont évoqué le poids de la dette publique, les contraintes budgétaires, les relations avec les institutions financières internationales ainsi que les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses familles.
L’emploi des jeunes, le coût de la vie et la nécessité de renforcer la compétitivité de l’économie ont été présentés comme des priorités pour assurer une croissance durable et préserver la stabilité sociale.
Les questions politiques ont également alimenté les débats. Dans une communication consacrée aux crises politiques au Sénégal, le chercheur Dr Saliou Dramé a rappelé les épisodes de tensions qui ont marqué l’histoire du pays tout en soulignant le rôle du dialogue dans la préservation des équilibres institutionnels.
Pour les participants, les divergences entre acteurs politiques ne doivent pas compromettre les efforts de développement ni accentuer les difficultés sociales. « Lorsqu’une crise politique s’installe durablement, ce sont toujours les populations qui en supportent les conséquences », a estimé Mouhamadou Lamine Gaye.
Les responsables du RIS ont par ailleurs exprimé leur inquiétude face à la multiplication des discours de haine et des appels à la division sur les réseaux sociaux. Ils considèrent ces dérives comme une menace pour la cohésion nationale et le modèle sénégalais fondé sur la tolérance et le vivre-ensemble.
Les participants ont plaidé pour un renforcement de l’éducation citoyenne, de la responsabilité dans l’usage des plateformes numériques et de la culture du dialogue.
La rencontre s’est achevée par une communication de Cheikh Matar Kébé consacrée aux défis d’un nouveau contrat social au Sénégal. Le président du RIS Al Wahda a insisté sur la nécessité de renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions à travers une gouvernance plus inclusive et une meilleure prise en compte des attentes de la population.
Selon les responsables du mouvement, le Sénégal dispose des ressources nécessaires pour relever les défis actuels, à condition de privilégier l’écoute, la concertation et la responsabilité collective.
Prudence AGBALETI