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Côte d’Ivoire : le gouvernement dévoile les contours du futur organe électoral

Plus d’un mois après la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), le Premier ministre Robert Beugré Mambé a présenté, lundi 22 juin, à Abidjan, les grandes orientations du futur organe appelé à encadrer les élections en Côte d’Ivoire.

Face aux représentants des partis politiques et de la société civile, le chef du gouvernement a exposé une vision qui se veut plus moderne, plus transparente et davantage consensuelle. Cette réforme intervient après la suppression de la CEI, décidée par le Conseil des ministres du 6 mai 2026, en réponse aux nombreuses critiques formulées à l’encontre de l’institution au terme du dernier cycle électoral.

Selon Robert Beugré Mambé, le futur dispositif devra répondre à trois exigences majeures : garantir la fiabilité matérielle des opérations électorales, assurer la transparence dans le traitement et la proclamation des résultats, et offrir des garanties d’impartialité à l’ensemble des acteurs politiques.

« Nous voulons que l’Ivoirien qui se rend au bureau de vote soit davantage sûr que sa voix compte », a déclaré le Premier ministre, soulignant la nécessité d’adapter les institutions électorales aux nouvelles attentes démocratiques du pays.

Les premières orientations dévoilées lors de cette rencontre laissent entrevoir une profonde transformation de la gouvernance électorale. Contrairement à l’ancienne CEI, le futur mécanisme ne serait plus centralisé autour d’une seule institution.

Le projet prévoit la création de trois structures distinctes : un organe technique chargé de l’organisation matérielle des scrutins, une instance de supervision veillant à l’équité du processus électoral et une structure dédiée au recensement et à la centralisation des votes.

Cette nouvelle architecture vise à renforcer les mécanismes de contrôle et à accroître la confiance des citoyens ainsi que des acteurs politiques dans les résultats des élections.

Une opposition prudente mais ouverte au dialogue

La rencontre a réuni plusieurs figures de premier plan de la scène politique ivoirienne, notamment Cissé Bacongo pour le RHDP, Simone Ehivet Gbagbo du MGC, Pascal Affi N’Guessan du FPI, Charles Blé Goudé du COJEP et Philippe Ezaley du PDCI-RDA.

Si le principe du dialogue a été salué par l’ensemble des participants, les responsables de l’opposition préfèrent attendre la publication du projet de loi avant de se prononcer définitivement.

Pour Pascal Affi N’Guessan, les propositions présentées constituent « des innovations » qui devront faire l’objet d’échanges afin d’aboutir à un organe électoral réellement consensuel.

Même prudence du côté de Charles Blé Goudé, qui estime que les débats ne pourront véritablement commencer qu’après la présentation du contenu détaillé de la réforme.

Le vice-président du PDCI-RDA, Philippe Ezaley, a quant à lui rappelé que seules les grandes lignes du projet ont été exposées, jugeant nécessaire d’examiner le texte officiel avant toute prise de position.

Vers les discussions parlementaires

Le gouvernement devrait désormais transmettre un projet de loi détaillé afin d’engager les consultations politiques et le processus législatif. Cette réforme est particulièrement attendue dans un contexte où plusieurs acteurs politiques et organisations de la société civile ont également soumis leurs propres propositions pour refonder le système électoral ivoirien.

Les prochaines semaines s’annoncent donc décisives pour l’avenir de la gouvernance électorale en Côte d’Ivoire, avec pour enjeu principal la mise en place d’un mécanisme capable de renforcer la confiance des citoyens et de garantir des scrutins apaisés.

Prudence AGBALETI

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