La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un prêt de 110 millions de dollars pour soutenir la construction de la première « gigafactory » d’Afrique au Maroc, appuyant ainsi la volonté du continent de bâtir une industrie locale de batteries pour véhicules électriques.
Ce prêt accordé à Gotion Power Morocco financera le développement d’une usine intégrée de batteries au lithium-fer-phosphate (LFP) dans la zone de libre-échange de Rabat-Salé-Kénitra, a annoncé la Banque vendredi.
L’institution a également indiqué qu’elle prévoyait de mobiliser jusqu’à 162,6 millions de dollars de financements supplémentaires auprès de partenaires de développement pour ce projet, dans le cadre de l’initiative « Nouvelle architecture financière africaine pour le développement », pour laquelle elle agit en tant qu’arrangeur principal mandaté.
Le secteur des véhicules électriques est en plein essor au Maroc. Le pays compte plus de 250 entreprises fabriquant des voitures ou des composants automobiles, parmi lesquelles Stellantis et Renault, ainsi que des usines chinoises, japonaises, américaines et coréennes.
À travers l’Afrique, l’utilisation de véhicules électriques connaît une forte progression, alors que la flambée des prix et les pénuries de carburant incitent les pays à opter pour des modes de transport plus propres et plus économiques.
Piloté par l’entreprise chinoise Gotion High-Tech Co. Ltd., ce projet marocain permettra d’établir la première usine intégrée de fabrication de batteries en Afrique — et plus largement dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. L’usine devrait produire annuellement 10 gigawattheures (GWh) de cellules et de packs de batteries pour véhicules électriques lors de sa première phase, avec un objectif d’extension de sa capacité à 100 GWh.
« Le stockage par batterie est le chaînon manquant de la transition de l’Afrique vers une énergie propre », a déclaré Kevin Kariuki, vice-président de la Banque chargé de l’Électricité, de l’Énergie, du Climat et de la Croissance verte, dans un communiqué.
« Une installation de cette envergure, alimentée principalement par des énergies renouvelables, renforce les fondations nécessaires à l’intégration à grande échelle de l’énergie solaire et éolienne, dont dépendent de plus en plus nos réseaux électriques », a-t-il ajouté.
Selon M. Kariuki, ce projet contribuera à fournir une électricité fiable et à faible teneur en carbone, tout en créant des emplois verts et en renforçant les chaînes d’approvisionnement nécessaires pour soutenir la transition énergétique de l’Afrique.
Le projet devrait également stimuler la compétitivité industrielle du Maroc, selon Achraf Tarsim, responsable-pays de la Banque africaine de développement pour le Maroc.