En Afrique du sud, l’Alliance démocratique, deuxième parti de la coalition au pouvoir, a saisi la justice lundi pour contester une loi sur la saisie de terres, texte auquel le président américain Donald Trump avait fait référence lorsqu’il a suspendu l’aide au pays l’année dernière.
Cette affaire a suscité des tensions avec le principal parti, le Congrès national africain, alors que le pays se prépare aux élections municipales de novembre.
La loi sur l’expropriation permet à l’État de saisir des terres pour des motifs d’intérêt public — parfois sans indemniser le propriétaire — dans le cadre des efforts visant à corriger les séquelles de l’apartheid.
Ce texte, qui a fait l’objet de débats longs et souvent houleux pendant des années, a été promulgué par le président Cyril Ramaphosa en janvier 2025. À ce jour, aucune terre n’a été saisie.
L’Alliance démocratique (DA), parti favorable aux entreprises et dirigé majoritairement par des Blancs, affirme que cette loi confère au gouvernement des « pouvoirs vagues et étendus » et qu’elle découragera les investissements.
L’ANC qualifie la loi d’étape majeure
L’ANC de Cyril Ramaphosa, ancien mouvement de libération, considère cette loi comme une étape clé dans ses efforts pour transformer une économie marquée par des inégalités raciales, où la minorité blanche détient encore la majeure partie des terres agricoles privées.
Sandile Swana, analyste indépendant spécialisé en politique et en gouvernance, a comparé la procédure judiciaire à un « combat dans le vide » : les deux parties s’affrontent sur la question de la réforme agraire sans pour autant rompre leurs relations.
Le gouvernement sud-africain a rejeté les critiques de Donald Trump concernant sa politique de réforme agraire, affirmant que la loi sur l’expropriation est comparable à des législations similaires en vigueur dans de nombreux autres pays.
Le recours de la DA sera examiné conjointement avec deux autres actions en justice intentées par des groupes défendant les intérêts des Afrikaners — descendants de colons majoritairement néerlandais auxquels Donald Trump a proposé l’asile, affirmant qu’ils sont victimes de discrimination, une allégation que l’Afrique du Sud rejette catégoriquement.
L’ANC et la DA ont formé une coalition en 2024, à la suite d’élections lors desquelles l’ANC a perdu sa majorité parlementaire pour la première fois depuis la fin du régime de la minorité blanche en 1994. Leur partenariat a été tumultueux, mais il a tenu bon.