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Les Zambiens se rendent aux urnes pour une présidentielle aux enjeux essentiellement économiques

Les Zambiens se rendent aux urnes ce jeudi pour déterminer si le président Hakainde Hichilema obtiendra un second mandat de cinq ans, en reconnaissance de son plan de relance économique pour ce pays d’Afrique australe — l’un des principaux producteurs mondiaux de cuivre — qui a récemment été en proie à une crise de la dette.

La Chine est fortement investie dans le secteur du cuivre zambien, tandis que les États-Unis manifestent un regain d’intérêt pour le pays, dans le cadre de la stratégie du président Donald Trump visant à sécuriser l’approvisionnement en minéraux critiques pour contrer la domination chinoise dans ce domaine.

En 2020, la Zambie a fait défaut sur le remboursement de sa dette souveraine envers la Chine et d’autres nations, mettant ainsi en lumière le fardeau insoutenable qui pèse sur certains pays en développement.

Hichilema a été élu l’année suivante. Sous sa présidence, la Zambie a restructuré plus de 12 milliards de dollars de dette tout en parvenant à maîtriser l’inflation.

Son plan économique à long terme prévoit notamment de plus que tripler la production de cuivre de la Zambie pour atteindre 3 millions de tonnes par an d’ici 2031, ce qui représenterait une augmentation spectaculaire de la production de ce minéral critique très demandé.

La Chine est le principal investisseur étranger en Zambie, notamment pour le cuivre et le cobalt — des minéraux critiques utilisés dans l’électronique, les véhicules électriques et d’autres nouvelles technologies.

Ces minéraux ont également suscité l’intérêt de l’administration Trump, bien que la Zambie ait accusé les États-Unis de conditionner l’accès à ces ressources critiques à un projet d’accord sanitaire de 2 milliards de dollars entre les deux pays — une allégation que les États-Unis ont rejetée.

Une alliance de l’opposition représente la plus grande menace pour Hichilema

Hichilema a remporté l’élection présidentielle de 2021, après avoir échoué lors de cinq scrutins précédents. Âgé de 64 ans, il est un ancien cadre du secteur des services financiers, mais possède également une expérience dans l’agriculture et compte parmi les plus importants éleveurs de bétail du pays. Il dirige le Parti uni pour le développement national (UPND) depuis 2006.

Au total, 14 candidats sont en lice pour la présidentielle, mais les analystes estiment que le principal rival de Hichilema sera probablement Brian Mundubile, 55 ans, diplômé en droit et dirigeant d’une coalition de partis d’opposition baptisée « Tonse Alliance ».

L’économie et la liberté des élections constituent les enjeux majeurs

Bien que l’inflation ait reculé et que la valeur de la monnaie zambienne, le kwacha, se soit redressée sous la présidence de Hichilema, les Zambiens ordinaires déplorent le coût élevé des denrées alimentaires et de l’énergie. Certains critiques estiment que la stabilité macroéconomique n’a pas profité à la majorité de la population de ce pays enclavé, qui compte environ 22 millions d’habitants.

Cette semaine, M. Hichilema a promis de construire davantage d’écoles, d’établissements de santé et de routes, ainsi que de s’attaquer aux pénuries d’électricité et au coût de la vie.

Hichilema est également critiqué pour avoir réprimé la contestation dans un pays où les élections se sont généralement déroulées dans le calme.

L’Alliance Tonse a accusé le gouvernement de Hichilema d’être à l’origine d’une perquisition menée par les forces de l’ordre dans ses locaux quelques jours avant le scrutin, opération au cours de laquelle des véhicules, du matériel de communication et d’autres biens ont été saisis. L’alliance a affirmé que cette intervention était motivée par des considérations politiques visant à perturber sa campagne électorale.

Déroulement du scrutin

Lors du scrutin d’une journée qui se tiendra ce jeudi, les électeurs éliront également des députés au Parlement ainsi que des conseillers locaux. Environ 8 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales.

L’élection présidentielle en Zambie repose sur le système de la majorité absolue (50 % des suffrages exprimés plus une voix) : un candidat doit obtenir cette majorité pour l’emporter. Cette règle ouvre la voie à un second tour si aucun candidat ne recueille plus de 50 % des voix au premier tour.

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