En Zambie, Brian Mundubile, principal adversaire du président réélu Hakainde Hichilema, a été placé en garde à vue jeudi. Il fait l’objet d’une enquête de la police zambienne pour trahison présumée, après la présidentielle contestée du 13 août.
Le chef de l’opposition zambienne, Brian Mundubile, s’est présenté jeudi à la police après deux semaines passées dans la clandestinité. Il s’était réfugié dans un bâtiment des Nations unies à Lusaka après une descente de la police à son domicile.
Cette descente policière avait eu lieu le 14 août, au lendemain du scrutin présidentiel du 13 août. Elle avait coûté la vie à l’ancien ministre Mutotwe Kafwaya et conduit à l’arrestation de onze personnes. Les autorités affirment que cette opération visait une cellule soupçonnée de préparer une insurrection, une accusation que Mundubile rejette.
La police affirme que Mundubile et son colistier, Makebi Zulu, ont été interrogés dans le cadre d’une enquête pour trahison. Les deux responsables politiques restent en garde à vue après avoir signé des déclarations préalables à d’éventuelles poursuites.
Brian Mundubile est arrivé deuxième de l’élection présidentielle du 13 août, avec environ 38 % des voix. Le président sortant, Hakainde Hichilema, a remporté le scrutin avec près de 60 % des suffrages. Il doit être investi pour un second mandat de cinq ans le 1er septembre.
L’opposition avait annoncé son intention de contester les résultats, dénonçant intimidations et irrégularités durant le scrutin. Brian Mundubile a évoqué des incohérences dans le décompte, la transmission et la déclaration des résultats.
La justice zambienne a fermé l’ensemble de ses tribunaux le 24 août, officiellement pour des raisons de sécurité. Cette fermeture est intervenue le dernier jour du délai légal pour déposer un recours contre les résultats de la présidentielle.
Cette décision a été vivement critiquée par plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch. L’association zambienne des avocats a également dénoncé le moment choisi pour cette fermeture inhabituelle des tribunaux.
Pour Human Rights Watch, cette mesure a privé l’opposition d’un accès essentiel à la justice électorale. L’organisation estime que cette fermeture soulève des questions sur la transparence du processus électoral zambien.
Depuis son retour au multipartisme en 1991, la Zambie a toujours connu des transitions présidentielles par les urnes. Mais les tensions consécutives à cette élection mettent à l’épreuve la réputation démocratique du pays.
Prudence AGBALETI