La Commission nationale des élections (CNE) annonce une participation supérieure à 55 % au référendum constitutionnel bissau-guinéen de dimanche. Le scrutin, organisé par la junte militaire au pouvoir depuis novembre 2025, s’est déroulé sans incident majeur, malgré un appel au boycott de l’opposition.
Idriça Djaló, secrétaire exécutif de la Commission nationale des élections (CNE), a présenté dans la soirée du dimanche 30 août le bilan de la journée de vote. Il a annoncé un taux de participation estimé à plus de 55 % des électeurs inscrits. Il a qualifié cette mobilisation de « satisfaisante » dans l’ensemble du pays.
L’affluence a toutefois varié fortement selon les régions du pays. Les zones de Bafatá, Gabú et Oio ont enregistré une bonne participation des électeurs. À Bissau, la capitale, plusieurs bureaux de vote ont connu une fréquentation plus faible, notamment en raison de fortes pluies matinales.
L’opposition, emmenée par le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), avait appelé au boycott du scrutin. Elle dénonçait des conditions d’organisation jugées contestables et un climat de restrictions des libertés publiques. Une coalition de plus de cinquante (50) organisations de la société civile a salué ce qu’elle a qualifié de boycott « historique ».
Les opérations de vote se sont déroulées de 7 heures à 17 heures sur l’ensemble du territoire national. Des forces de sécurité ont été déployées dans tous les bureaux pour protéger électeurs et matériel électoral. Aucun observateur indépendant n’était présent pour ce scrutin, selon la commission électorale.
La fermeture des bureaux a marqué le début du dépouillement des bulletins de vote. La CNE a appelé les acteurs politiques à la retenue avant l’annonce des résultats officiels. Les premiers résultats provisoires sont attendus à partir de mardi, selon plusieurs médias régionaux.
Les électeurs devaient se prononcer sur un projet de nouvelle Constitution adopté par le Conseil national de transition. Ce texte instaure un régime présidentiel renforcé en Guinée-Bissau. Le président de la République pourra désormais nommer et révoquer librement le Premier ministre et le gouvernement.
La réforme prévoit également une réduction du nombre de députés, de 102 à 65 sièges. Le nombre de districts administratifs passerait quant à lui de 29 à 12. Ses promoteurs présentent ces changements comme une mesure de réduction des dépenses publiques.
Aladje Botche Candé, conseiller spécial du Premier ministre chargé de la défense, a voté dimanche à Bissau. Il défend une réforme censée mettre fin aux conflits récurrents entre présidence et primature. « Elle aidera à résoudre les conflits entre le président et le Premier ministre », a-t-il déclaré.
Ce référendum survient neuf (9) mois après le coup d’État militaire de novembre 2025 en Guinée-Bissau. Les militaires avaient alors suspendu le processus électoral avant l’annonce des résultats du scrutin présidentiel du 23 novembre. L’ancien président Umaro Sissoco Embaló avait été incarcéré à la suite de ce coup de force.
Prudence AGBALETI