Le Nigeria a catégoriquement démenti jeudi tout soutien à la tentative de coup d’État avortée des 28 et 29 août à Niamey. Ce démenti intervient alors que les autorités nigériennes affirment avoir saisi un important arsenal et qu’un témoignage d’officier évoque de possibles interventions extérieures.
Le ministère nigérian des Affaires étrangères a rejeté, jeudi 3 septembre 2026, comme « fausses et malveillantes » les informations circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles la tentative de déstabilisation au Niger aurait bénéficié du soutien de la CEDEAO et, par implication, de celui du Nigeria. La mise au point a été formulée par l’ambassadeur Enikanolaiye, porte-parole du ministère, qui a qualifié ces allégations d’« infondées, irresponsables » et destinées à ternir l’image du pays.
Le porte-parole s’est appuyé sur un précédent communiqué officiel, référencé MFA/PR/2026/220 et publié dès le 30 août 2026, dans lequel le gouvernement nigérian avait exprimé sa « profonde préoccupation » face à la situation au Niger. Ce texte, signé par la porte-parole du ministère Oluwadamilola Adeniyi, appelait à un retour « pacifique, inclusif et participatif » à la stabilité et à l’ordre constitutionnel dans le pays voisin.
« Le Nigeria ne soutiendra jamais l’illégalité ou un changement anticonstitutionnel de gouvernement », a insisté l’ambassadeur Enikanolaiye, ajoutant que tout recours à la force pour régler les différends politiques est contraire à la politique étrangère nigériane de longue date.
Abuja rejette également toute interprétation selon laquelle son appartenance à la Cédéao signifierait qu’il approuve une prise de pouvoir militaire au Niger, réaffirmant son attachement au protocole communautaire sur la démocratie et au principe de tolérance zéro de l’Union africaine.
Cette mise au point intervient dans un contexte marqué par de nouvelles révélations des autorités nigériennes sur les affrontements des 28 et 29 août à Niamey. Selon celles-ci, les forces de défense et de sécurité ont récupéré, après les combats, 34 pick-up équipés d’armes de bord, deux véhicules blindés légers, plusieurs dizaines de motos ainsi qu’un important stock d’armes, dont 382 fusils AK-47 et 36 lance-roquettes RPG-7.
Les autorités attribuent cet arsenal aux éléments du Bataillon spécial de reconnaissance du Commandement des opérations spéciales (BSR-COS), dont l’attaque contre la base aérienne 101 avait été repoussée avec l’appui du groupe paramilitaire russe Africa Corps.
Le dossier a pris une dimension régionale après la diffusion, mardi, du témoignage du capitaine Roger Gabriel, du 1er bataillon parachutiste de Niamey, évoquant des projets d’intervention extérieure impliquant notamment le Tchad, le Bénin et la Côte d’Ivoire.
Ces accusations n’ont pas pu être vérifiées de façon indépendante, et des sources militaires tchadiennes les ont depuis démenties. Les autres pays cités n’ont pas non plus apporté de réponse officielle publique.
Les affrontements des 28 et 29 août avaient fait trois morts dans les rangs de la Garde présidentielle, selon les autorités nigériennes. L’épisode place le BSR-COS, créé après le coup d’État du 26 juillet 2023, au centre d’une crise sécuritaire, militaire et politique dont les ramifications régionales restent à établir.
Prudence AGBALETI