Vingt-six responsables représentant 13 pays africains atlantiques participent, à partir de lundi près de Rabat, à un cycle de formation sur la coopération judiciaire contre le terrorisme. Cette session s’inscrit dans la mise en œuvre de la Déclaration de Rabat des ministres de la Justice.
Ils sont au total vingt-six responsables représentant treize pays africains atlantiques prennent part, à partir de ce lundi à Sala Al Jadida, près de Rabat, à un cycle de formation consacré au renforcement de la coopération judiciaire face au terrorisme et à la criminalité organisée transnationale.
Organisée par le ministère marocain de la Justice jusqu’au 15 septembre 2026, cette formation se tient sous le thème « Lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée transnationale et renforcement de la culture des droits humains : vers une convergence des approches législatives et opérationnelles dans l’espace africain atlantique ».
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement du Processus de Rabat sur les États africains atlantiques (PEAA), lancé en juin 2022 sous l’impulsion du roi Mohammed VI, et de la Déclaration de Rabat des ministres de la Justice, adoptée lors du Forum de coopération Sud-Sud tenu à Rabat en avril 2024.
Ce cadre vise à fédérer les efforts des pays africains riverains de l’Atlantique face à des défis communs tels que le terrorisme, la criminalité transnationale organisée et la piraterie. Il s’inscrit également dans l’Initiative royale destinée à favoriser l’accès des États du Sahel à l’océan Atlantique.
Dans une allocution lue en son nom, le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a indiqué que ce cycle constitue la mise en œuvre effective du premier axe de la Déclaration de Rabat et s’inscrit dans la dynamique visant à faire de la façade atlantique africaine un espace d’intégration régionale et de destin commun. Il a relevé que cet espace est de plus en plus ciblé par des réseaux criminels transnationaux ayant réorienté leurs itinéraires vers cette région, tandis que la criminalité organisée gagne en complexité avec son extension aux espaces numériques et le recours à des technologies telles que l’intelligence artificielle.
Le ministre a ajouté que les réseaux terroristes et criminels exploitent les « vides législatifs et les lacunes procédurales » entre les systèmes juridiques nationaux, appelant à dépasser les approches sécuritaires classiques en faveur d’une convergence des dispositifs législatifs et opérationnels.
De son côté, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a souligné, dans une allocution lue en son nom, que cette initiative s’inscrit dans la vision du roi Mohammed VI visant à faire de l’espace africain atlantique une zone de stabilité, de paix et de prospérité partagée.
Il a estimé que la coopération juridique et judiciaire représente un pilier essentiel de ce partenariat, dans un contexte international marqué par la formation de nouveaux blocs régionaux, et a insisté sur la nécessité d’une action commune pour renforcer l’efficacité collective.
Le directeur adjoint sénégalais des Affaires pénales et des Grâces, Malick Dia, a indiqué que la formation permettra notamment d’échanger sur les mécanismes de lutte contre le terrorisme, la traite des êtres humains et le trafic de drogues. Le procureur de la République près le tribunal de la wilaya du Tiris Zemmour, en Mauritanie, Bassi Mohamed, a pour sa part estimé que les thématiques abordées nécessitent des efforts conjoints et une coordination des législations pour créer un cadre plus efficace de lutte contre la criminalité transfrontalière.
Prudence AGBALETI