Réunis au Caire pour la 166e session du Conseil de la Ligue arabe, les chefs de la diplomatie régionale ont appelé à préserver la liberté de navigation et rejeté toute utilisation des corridors maritimes comme moyen de pression. Le Liban a de son côté réclamé le retrait israélien des zones qu’il occupe toujours dans le sud du pays.
A l’occasion de la 166e session ordinaire du Conseil de la Ligue des États arabes au niveau ministériel, les chefs de la diplomatie arabe, réunis au Caire, ont discuté des tensions et des enjeux sécuritaires au Moyen-Orient. Le chef de la diplomatie égyptienne, Badr Abdelatty, a insisté sur la nécessité de préserver la liberté de navigation, tout en rejetant l’utilisation des voies maritimes à des fins de pression politique ou d’escalade.
« Nous insistons sur la nécessité de garantir la liberté de navigation et, naturellement, rejetons totalement l’utilisation des corridors maritimes comme outil de pression ou d’escalade », a-t-il déclaré.
Cette mise en garde intervient dans un contexte de forte tension sur la sécurité maritime régionale. Le détroit d’Ormuz, dans le Golfe, a de nouveau été fermé à la mi-juillet 2026 à la suite d’une reprise des hostilités entre l’Iran et les États-Unis, après un accord de paix conclu le 17 juin qui n’avait pas tenu.
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Fahmy, ancien ministre égyptien des Affaires étrangères entré en fonction le 1er juillet 2026, a pour sa part évoqué les relations avec l’Iran. Il a indiqué que les pays arabes restaient ouverts à des relations de voisinage équilibrées, à condition que celles-ci reposent sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États.
« Nous sommes ouverts à des relations de voisinage équilibrées (avec l’Iran), à condition qu’elles soient fondées sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, ainsi que sur la cessation des ingérences dans les affaires intérieures », a-t-il déclaré.
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, a de son côté condamné les attaques israéliennes contre le Liban et dénoncé des violations du droit international humanitaire. Il a précisé qu’Israël occupait toujours cinq points du territoire libanais et a appelé au maintien du soutien de la Ligue arabe jusqu’au retrait complet des forces israéliennes de ces zones.
« Nous condamnons dans les termes les plus forts les attaques israéliennes contre la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban », a-t-il déclaré. Un précédent bilan communiqué par le ministère libanais de la Santé, portant sur la période depuis la reprise des hostilités le 28 février 2026, faisait état de plusieurs milliers de morts et de blessés ainsi que d’environ 1,2 million de déplacés ; le bilan cumulé plus élevé évoqué depuis n’a pas pu être confirmé de façon indépendante au moment de la rédaction.
Les déclarations interviennent alors que les tensions régionales continuent de peser sur la sécurité maritime, les relations entre les pays du Moyen-Orient et les efforts diplomatiques visant à contenir une nouvelle escalade.
Prudence AGBALETI