Le Parlement nigérian a suspendu les visites officielles en Afrique du Sud et ordonné aux parlementaires de boycotter les activités législatives organisées dans ce pays, invoquant des informations faisant état d’agressions visant des Nigérians et d’autres migrants africains sur place.
Cette décision reflète l’inquiétude croissante au Nigeria quant à la sécurité de ses ressortissants en Afrique du Sud et témoigne d’une frustration grandissante face à un problème qui a périodiquement mis à mal les relations entre les deux plus grandes économies du continent.
Les autorités nigérianes ont évoqué la persistance de violences xénophobes en Afrique du Sud ; le ministre d’État nigérian aux Affaires étrangères a notamment indiqué que 98 Nigérians y avaient trouvé la mort dans des incidents impliquant des foules ou motivés par la haine depuis 2022.
Cette année, 1 695 Nigérians ont été évacués sur la base du volontariat dans un contexte de tensions liées à la xénophobie, selon le haut-commissaire nigérian par intérim à Pretoria.
La directive, annoncée par un porte-parole du Parlement, interdit aux législateurs d’effectuer des déplacements officiels en Afrique du Sud et de participer à des réunions accueillies ou organisées par des institutions sud-africaines, jusqu’à nouvel ordre. Cela ne s’applique pas aux visites et réunions gouvernementales.
« Cette décision témoigne de vives inquiétudes quant à la sécurité, à la dignité et au bien-être des Nigérians qui vivent et mènent des activités légitimes en Afrique du Sud », a déclaré vendredi Akin Rotimi, porte-parole de la Chambre.
Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a conduit une délégation à Abuja en juillet pour des entretiens avec des responsables nigérians, visant à apaiser les tensions liées aux attaques contre des Nigérians et d’autres ressortissants africains en Afrique du Sud. Lamola avait alors déclaré que le gouvernement sud-africain condamnait « toutes les formes de xénophobie ».