Les autorités libyennes ont saisi une cargaison de dizaines de milliers de comprimés d’ecstasy, chacun portant le visage du dirigeant déchu Mouammar Kadhafi et introduits en contrebande depuis l’Europe, ont indiqué des responsables de la sécurité.
Des images diffusées par un service de sécurité à Tripoli montraient des sacs contenant des pastilles brunes moulées à l’effigie de la tête et des épaules de Kadhafi, les traits caractéristiques de son visage et les détails de sa tenue étant imprimés en relief à leur surface.
Selon un rapport de l’ONU publié en janvier, la Libye est devenue une plaque tournante régionale majeure pour le transit de drogues de synthèse et d’autres stupéfiants destinés aux consommateurs locaux ainsi qu’à d’autres régions d’Afrique du Nord et du reste du continent.
Les réseaux de trafiquants de drogue ont profité de la situation chaotique que connaît le pays depuis 2011, indique le rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime. Cette année-là, Mouammar Kadhafi a été renversé lors d’un soulèvement soutenu par l’OTAN, plongeant la Libye dans une longue période de conflit interne et de division.
Les forces de sécurité ont été informées qu’un réseau prévoyait d’expédier la drogue par voie maritime et ont suivi la cargaison jusqu’à son arrivée, selon un communiqué publié tard samedi par la force « Al-Rada » (Force spéciale de dissuasion) de lutte contre le terrorisme et le crime organisé, une agence de sécurité relevant du Conseil présidentiel basé à Tripoli.
Les agents ont intercepté la cargaison à son arrivée et ont découvert les comprimés dissimulés dans une camionnette, a précisé le communiqué.
« L’opération a permis de saisir un total d’environ 100 000 comprimés d’ecstasy (XTC) » et plusieurs suspects ont été déférés au parquet, a-t-il ajouté. Les comprimés avaient transité par un pays européen avant d’arriver dans un port libyen, a indiqué l’agence, sans toutefois nommer ni le pays ni le port en question.
Le Conseil présidentiel de Tripoli exerce les fonctions de chef de l’État depuis le dialogue facilité par l’ONU en 2021 avec le Gouvernement d’unité nationale (GUN), reconnu par les Nations unies.
La Libye demeure divisée entre le GUN, dans l’ouest du pays, et les autorités relevant du commandant militaire Khalifa Haftar, qui contrôle l’est ainsi qu’une grande partie du sud.