L’Ouganda a rendu, samedi 12 septembre, un dernier hommage au roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV. Son successeur désigné, le journaliste Edward Kijanangoma, a accompli un rituel symbolique pour sceller la transmission du pouvoir, malgré une contestation familiale persistante.
Le roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV a été inhumé samedi 12 septembre 2026 aux tombes royales de Karambi. La cérémonie s’est tenue à Fort Portal, dans l’ouest de l’Ouganda, exactement 31 ans après son accession au trône. Il était mort le 27 août dernier aux États-Unis, où il suivait un traitement contre le cancer. Il avait 34 ans.
Des proches, des responsables gouvernementaux et des milliers de citoyens ont assisté aux funérailles. Le corps du souverain avait quitté le palais de Karuziika dans la matinée, avant une messe de requiem à la cathédrale Saint-Jean de Fort Portal. Le convoi funèbre a ensuite parcouru six kilomètres jusqu’aux tombes de Karambi.
Le roi Oyo avait été couronné à l’âge de trois ans, en 1995, après la mort de son père. Il était alors devenu le plus jeune monarque régnant au monde. Il avait pris la pleine direction du royaume à 18 ans, en 2010, exerçant un pouvoir personnel pendant seize ans.
Charles Kayondo Kamurasi, chef du clan royal des Babiito, a confirmé lors de la cérémonie l’élection d’un nouveau roi. « Les hommes et les femmes du clan Babiito se sont réunis sous le Musuuga et ont élu le roi », a-t-il déclaré. Le nouveau souverain est le journaliste Edward Kijanangoma Rukidi Nyabongo Ier, cousin du défunt roi et présentateur à la chaîne publique Uganda Broadcasting Corporation.
Pour marquer la passation officielle du pouvoir, le nouveau roi a accompli un rite ancestral. Il a jeté neuf grains de café dans la tombe des tombes royales de Karambi. Ce geste symbolise traditionnellement la transmission du pouvoir d’un souverain à son successeur.
La désignation de Kijanangoma reste toutefois contestée par une partie de la famille royale. Celle-ci invoque un testament dans lequel le roi Oyo aurait désigné son fils, jusqu’ici inconnu du public, comme héritier du trône. Ce différend avait un temps menacé de retarder l’inhumation, le nouveau roi devant accomplir des rites culturels précis lors de l’enterrement. La reine mère Best Kemigisa et la princesse Ruth Komuntale, seule fille survivante du roi Oyo, ont toutefois évité d’aborder la question de la succession dans leurs propos lors de la cérémonie.
Ce différend rappelle les circonstances de l’accession du roi Oyo lui-même au trône. Sa désignation, en 1995, avait suivi une bataille de succession qui s’était finalement réglée devant les tribunaux. Le vice-président du Parlement, Thomas Tayebwa, a appelé les Batooro à privilégier des moyens pacifiques et légaux. Il a plaidé pour une unité maximale plutôt que pour la division.
Le roi Oyo était le 13e monarque du royaume de Tooro, fondé il y a plus de deux cents ans. Ce royaume compte aujourd’hui plus de deux millions d’habitants.
Prudence AGBALETI