Simone Ehivet Gbagbo, présidente du MGC, a présenté sa vision d’un Haut Conseil électoral totalement indépendant des partis politiques. Elle propose un collège de personnalités issues exclusivement de la société civile pour remplacer l’ancienne CEI.
Simone Ehivet Gbagbo, présidente du Mouvement des générations capables (MGC), a présenté sa proposition de Haut Conseil électoral (HCE) lors d’une tribune de débat citoyen organisée par l’Observatoire ivoirien des droits de l’Homme. Cette réforme vise à remplacer l’ancienne Commission électorale indépendante (CEI), dissoute par le gouvernement.
Selon la présidente du MGC, l’arbitre des élections ne peut pas inclure les formations politiques qui présentent elles-mêmes des candidats. Elle prône une neutralité absolue, avec un collège de personnalités issues exclusivement de la société civile et du monde professionnel. Le projet exclut aussi bien le gouvernement que les partis politiques de l’organe décisionnel.
L’organe proposé comprendrait des représentants des organisations religieuses, un chrétien et un musulman. Il inclurait aussi des représentants des droits de l’Homme, des experts électoraux et des représentants sectoriels. Chefferies traditionnelles, patronat, planteurs, enseignants-chercheurs, médias et syndicats y auraient chacun leur place. Dans la version initiale du projet, présentée en juin 2026, cinq des onze membres devaient obligatoirement être des femmes.
Pour siéger, les candidats devront être de nationalité ivoirienne. Ils devront être âgés de 36 à 75 ans et jouir de leurs droits civiques. Un casier judiciaire vierge et l’absence de toute sympathie politique affichée seront également exigés.
Pour assurer l’autonomie de ce Haut Conseil, Simone Gbagbo propose un mécanisme de nomination en plusieurs étapes. Une commission parlementaire spéciale recevrait les candidatures de la société civile et mènerait des enquêtes de moralité. La liste des profils retenus serait ensuite publiée pour recueillir les réactions de la population, avant un vote en plénière à l’Assemblée nationale.
Dans sa réforme, l’ex-Première dame demande que les préfets et sous-préfets soient écartés du processus de vote. Elle estime que leur subordination au pouvoir central nuit à l’impartialité du scrutin. Le Haut Conseil électoral conserverait néanmoins le pouvoir de solliciter la police et la gendarmerie pour sécuriser les opérations électorales.
Ce projet, dévoilé une première fois en juin 2026, a depuis fait l’objet d’une tournée de consultations. Simone Gbagbo a présenté sa proposition à la CAP-CI fin juin, puis au PDCI-RDA début juillet, avant de poursuivre ses échanges avec d’autres formations politiques. Consciente que cette réforme pourrait exiger une modification de la Constitution, elle a exhorté le gouvernement à convoquer une table ronde avec toutes les parties prenantes.
Prudence AGBALETI