Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont adopté, mercredi 16 septembre à Ouagadougou, une feuille de route pour leur coopération transfrontalière. Deux jours de travaux ont abouti à la signature d’un protocole additionnel au traité de la Confédération des États du Sahel.
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont adopté, mercredi 16 septembre 2026 à Ouagadougou, une feuille de route destinée à renforcer leur coopération transfrontalière. Cette feuille de route intervient à l’issue de deux jours de travaux, ouverts mardi 15 septembre. Les ministres chargés de l’Administration territoriale des trois pays ont validé un protocole additionnel au traité instituant la Confédération des États du Sahel (AES), consacré à la coopération transfrontalière.
Les ministres ont également adopté une décision portant création d’un cadre de concertation entre les autorités administratives des régions frontalières. Le relevé des conclusions de la réunion ministérielle a lui aussi été signé à cette occasion.
La cérémonie d’ouverture, mardi, avait été présidée par le ministre d’État burkinabè de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo. Il représentait le Premier ministre, chef du gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. « La validation du Protocole additionnel engage juridiquement nos trois États à une gestion concertée de nos zones frontalières », a déclaré Émile Zerbo.
Le nouveau cadre doit permettre aux gouverneurs des régions frontalières de dialoguer régulièrement. Il doit aussi leur permettre d’anticiper les défis communs et de coordonner leurs réponses aux enjeux sécuritaires, humanitaires et de développement. Plusieurs priorités ont été identifiées lors des travaux : la sécurisation des frontières, la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, la gestion des ressources naturelles partagées, la circulation des personnes et des biens, ainsi que le développement du commerce.
Le ministre malien de l’Administration territoriale, le général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, a salué les conclusions des travaux. Il a estimé que les frontières du Sahel, longtemps perçues comme des lignes de fracture et des zones d’insécurité, doivent désormais devenir des espaces de solidarité et de développement.
Du côté nigérien, le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, Ayouba Abdourahmane, a plaidé pour une mise en œuvre « rapide et coordonnée » des instruments adoptés. La feuille de route est assortie d’un plan d’action destiné à traduire les orientations arrêtées en mesures concrètes au niveau territorial.
Les trois pays, confrontés à une insécurité persistante dans plusieurs zones frontalières, entendent ainsi renforcer la coordination entre leurs administrations, leurs forces de sécurité, les collectivités territoriales et les acteurs communautaires.
Prudence AGBALETI