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Johannesburg : 9 femmes tuées en deux mois, une région sous le choc

Neuf femmes ont été retrouvées mortes en deux mois dans la municipalité d’Ekurhuleni, à l’est de Johannesburg. Un suspect a toutefois déjà été arrêté dans l’une des affaires, ce qui n’exclut pas la possibilité de plusieurs auteurs distincts.

En l’espace de deux mois dans la municipalité d’Ekurhuleni, à l’est de Johannesburg, neuf corps de femmes ont été découverts. Les corps ont été retrouvés dans plusieurs quartiers de la zone, notamment à Kempton Park, Pomona, Clayville, Olifantsfontein, Rhodesfield, KwaThema et Dawn Park. Le neuvième corps a été découvert jeudi 17 septembre 2026, entraînant un bouclage temporaire du secteur de Kempton Park.

Les cinq premières victimes ont été découvertes à Kempton Park et dans ses environs immédiats. Les autres ont été retrouvées à des localisations distinctes, situées entre 25 et 35 kilomètres de là. Trois corps ont été découverts au cours de la seule semaine précédant le 17 septembre.

Le commissaire de police de la province du Gauteng, Fred Kekana, a précisé que les enquêteurs comparent les éléments de preuve, les circonstances et les profils des victimes. Il a toutefois nuancé la piste du tueur en série unique. « Les enquêteurs envisagent toutes les possibilités, y compris celle de plusieurs suspects ou d’auteurs distincts », a-t-il déclaré. Un suspect a d’ailleurs déjà été arrêté et reste en détention, dans l’affaire d’une femme de 37 ans retrouvée près de l’autoroute R21.

Toutes les victimes étaient âgées d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années. Elles ont été retrouvées nues ou partiellement vêtues, certaines présentant des ecchymoses similaires. L’une des victimes identifiées, Elizabeth « Tsontso » Moselakgomo, 38 ans, avait disparu alors qu’elle faisait son jogging habituel.

Le Premier ministre de la province du Gauteng, Panyaza Lesufi, s’est rendu sur les lieux d’une découverte. « Ils ont déclaré la guerre à l’État. Nous répondrons. Nous n’allons pas nous rendre », a-t-il déclaré aux journalistes, tout en appelant le public à laisser aux enquêteurs le temps de rassembler des preuves suffisantes.

Cette affaire a provoqué une vague d’indignation dans le pays. Mercredi, des femmes ont manifesté à Cape Town, la bouche scotchée, brandissant des pancartes portant l’inscription « Suis-je la prochaine ? ». La police a averti les femmes de la région d’éviter de marcher ou de courir seules, en particulier dans des lieux isolés.

Cette affaire ravive l’inquiétude dans un pays déjà durement touché par les violences faites aux femmes. Entre janvier et mars 2026, la police a enregistré 9 782 viols signalés, soit environ 108 par jour. En novembre 2025, le Centre national de gestion des catastrophes avait classé les violences basées sur le genre et les féminicides comme une catastrophe nationale.

Prudence AGBALETI

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