Au Mali, les syndicats des travailleurs du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto, exploité par Barrick Mining (ABX.TO), ont transmis une série d’avis de grève à la direction, faisant peser un risque de perturbations sociales à partir du 28 septembre sur l’un des plus importants sites de production d’or du pays.
Ces avis ont été déposés par les syndicats représentant le personnel minier de SOMILO SA et de GOUNKOTO SA, les sociétés qui exploitent les mines du complexe. Des préavis de grève distincts ont également été déposés par les employés de Food & Events Africa (FEA) — le prestataire chargé de la restauration et des services de soutien pour Barrick — ainsi que par le personnel de l’organisme de régulation minière du Mali et d’autres agences administratives du secteur minier.
Les syndicats ont annoncé qu’ils entameraient une grève vers la fin du mois si leurs revendications concernant la rémunération des heures supplémentaires, le remboursement des frais de mission et l’application des accords sociaux n’étaient pas satisfaites.
Le Mali resserre son emprise sur le secteur minier
Le Mali, l’un des plus grands producteurs d’or d’Afrique, resserre son emprise sur le secteur minier dans le but d’obtenir une part plus importante des revenus.
Le gouvernement dirigé par les militaires a restitué le contrôle opérationnel du complexe de Loulo-Gounkoto à la société minière canadienne Barrick en décembre, après l’avoir placé sous administration provisoire de l’État lors d’un différend ayant duré près d’un an. Bien que l’activité minière ait repris, la montée en cadence a été progressive : le complexe a produit environ 190 000 onces d’or au premier semestre 2026, un niveau bien inférieur à celui d’avant le conflit, selon Barrick.
Les travailleurs de SOMILO SA, qui exploite la mine de Loulo, et de GOUNKOTO SA, exploitant la mine voisine de Gounkoto, ont chacun appelé à une grève de quatre jours, du 28 septembre au 1er octobre, pour dénoncer l’absence de réponse de la direction aux revendications déposées en février.
Par ailleurs, les syndicats représentant le personnel de Food & Events Africa (FEA) — entreprise assurant la restauration et les services de soutien sur les sites de Loulo et Gounkoto — ont appelé à une grève de cinq jours, du 28 septembre au 2 octobre, accusant la direction de ne pas respecter les accords relatifs aux heures supplémentaires, aux avantages sociaux et au bien-être des travailleurs.
De même, les syndicats représentant les agents de l’organisme de régulation minière du Mali, la Direction nationale de la géologie et des mines, ainsi que d’autres services de l’administration minière, ont appelé à une grève de 72 heures, du 29 septembre au 1er octobre, pour protester contre le non-paiement de salaires, d’indemnités et de primes liés au secteur minier.
Ces menaces de grève surviennent alors que le Mali rouvre son régime d’octroi de licences minières, après un gel de plus de deux ans lié à l’assainissement du cadastre minier. Selon les décrets publiés, les autorités ont renouvelé 14 permis d’exploration aurifère et de lithium depuis le 21 août, au profit de huit sociétés, dont des filiales de First Lithium et de Cora Gold.