Le Burkina Faso a produit près de 300 véhicules blindés baptisés « Nanga » depuis novembre 2025, a annoncé le président Ibrahim Traoré. Plus de la moitié seraient déjà positionnés sur le terrain, alors que le pays annonce l’arrêt de toute commande de blindés à l’étranger.
Le Burkina Faso a produit près de 300 véhicules blindés destinés à ses forces de défense et de sécurité depuis novembre 2025, a affirmé lundi 21 septembre 2026 le président Ibrahim Traoré. Il s’exprimait à Koulouba, lors d’une audience accordée aux lauréates du concours scientifique féminin Hakili Mousso. « De novembre 2025 à aujourd’hui, la chaîne de production nationale a livré près de 300 blindés aux Forces de défense et de sécurité (FDS) et aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) », a-t-il déclaré.
Ces véhicules, baptisés « Nanga », sont issus d’un programme lancé en 2023. Ils ont connu plusieurs prototypes avant d’aboutir au modèle actuellement déployé. « Nous avons échoué au début sur des modèles, mais aujourd’hui nous avons un modèle qui est presque parfait et qui fait notre fierté », a affirmé Ibrahim Traoré. Selon lui, plus de la moitié des 300 véhicules produits seraient déjà positionnés sur le terrain en vue de prochaines opérations militaires.
Les Nanga avaient été présentés publiquement pour la première fois le 13 septembre 2026, soit huit jours avant cette annonce. Le service d’information du gouvernement les avait alors décrits comme des pick-up dont la carrosserie a été remplacée par un blindage conçu et réalisé localement, avec des adaptations aux contraintes du terrain burkinabè. Traoré avait à cette occasion annoncé l’arrêt de toute nouvelle commande de véhicules blindés à l’étranger, affirmant vouloir désormais tout fabriquer sur place.
Selon lui, la conception des blindés répond aux spécificités du conflit au Burkina Faso, notamment aux attaques par engins explosifs improvisés et aux difficultés du terrain. Le président burkinabè a affirmé que la société chargée de cette production, baptisée « Faso Armored », est entièrement burkinabè. Il a indiqué que quatre à cinq autres entreprises spécialisées dans le domaine militaire fonctionnent également, sans en dévoiler davantage au nom du secret défense.
Cette communication intervient alors que le secteur de la sécurité reste l’un des postes les plus dotés du budget de l’État. Pour l’exercice 2026, l’Assemblée législative de Transition a voté une enveloppe de 707,89 milliards de francs CFA pour ce secteur. Cela représente près de 25 % des ressources propres du pays, sur un budget total estimé à 3 918,3 milliards de francs CFA.
Cette production locale s’inscrit dans un agenda plus large de souveraineté industrielle. Elle s’ajoute à l’initiative présidentielle Faso Mêbo, qui fournit des engins de génie civil, et au complexe textile TEXFORCES-BF, destiné à équiper les forces et le secteur civil.
La présidence burkinabè a par ailleurs confirmé l’organisation, samedi à Ouagadougou, de la première édition de Hakili Mousso, concours destiné à promouvoir les talents scientifiques féminins.
Prudence AGBALETI