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Éthiopie : le Tigré en guerre ouverte, 272 rebelles tués

L’armée éthiopienne affirme avoir tué 272 combattants tigréens jeudi, lors de combats dans la région d’Amhara. Les rebelles du TPLF, qui viennent de former une alliance avec six autres groupes armés, affirment être désormais en « guerre ouverte » avec le gouvernement fédéral.

L’armée éthiopienne a annoncé, jeudi 24 septembre 2026, avoir tué 272 combattants du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) dans la région d’Amhara. Selon un communiqué des Forces de défense nationale éthiopiennes, publié sur Facebook, 260 autres combattants auraient été blessés et plusieurs faits prisonniers. L’AFP n’a pas pu vérifier ces chiffres de manière indépendante, et aucun bilan n’a été communiqué côté forces fédérales ou civils.

Les tensions, croissantes depuis plusieurs mois entre le gouvernement fédéral et les autorités du Tigré, ont dégénéré en conflit ouvert mercredi 23 septembre. Les combattants tigréens ont lancé des attaques dans les zones voisines d’Afar et d’Amhara, visant notamment plusieurs localités de la zone de North Wollo, en Amhara.

Les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir déclenché cette escalade. « Nous sommes désormais dans une situation de guerre totale », a déclaré à l’AFP le vice-président du TPLF, Amanuel Assefa. Il a confirmé que les forces tigréennes combattaient aux côtés de groupes armés locaux en Afar et en Amhara.

Selon une source humanitaire présente en Afar, les rebelles ont mené jeudi de violentes attaques d’artillerie en tentant de prendre le contrôle de la ville de Yallo, près de la frontière tigréenne. Ils avaient déjà pris le contrôle d’Abala, autre localité frontalière entre le Tigré et l’Afar, la veille. Des combats sont également signalés autour de la ville d’Amhara de Weldiya, l’une des rares voies d’accès à la capitale, Addis-Abeba.

Selon des analystes, cette stratégie rappelle celle adoptée par le TPLF lors de la guerre de 2020-2022 : couper les lignes d’approvisionnement et progresser vers la capitale. Des combats ont aussi été signalés autour de Lalibela, ville de la zone de North Wollo célèbre pour ses églises rupestres médiévales, classées au patrimoine mondial de l’Unesco. L’aéroport de la ville a été fermé en raison des affrontements.

Cette offensive intervient quelques jours seulement après la formation d’une nouvelle alliance rebelle. Le TPLF s’est allié le week-end précédent avec les Fano d’Amhara et cinq autres groupes armés, dans le but déclaré de renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed. Selon des analystes, les rebelles tigréens bénéficieraient du soutien de l’Érythrée, qui craindrait d’être visée par une tentative éthiopienne d’accéder à la mer Rouge par son territoire.

À la tribune des Nations unies, mercredi, le président éthiopien Taye Atske Selassie Amde a dénoncé « les forces de destruction et de chaos », ainsi que « l’ingérence d’éléments hostiles dans les affaires étrangères du pays ». Il a affirmé que l’Éthiopie avait fait preuve d’une « retenue immense » et progressé dans ses relations avec ses voisins.

Cette escalade intervient après la levée, par les États-Unis, des sanctions et des embargos sur les armes imposés à l’Éthiopie et à l’Érythrée. Le conflit de 2020-2022 entre le gouvernement éthiopien et le TPLF, qui avait dirigé le pays de 1991 à 2018 avant d’être marginalisé sous Abiy Ahmed, avait fait environ 600 000 morts selon l’Union africaine. Un accord de paix signé à Pretoria en 2022 avait maintenu un calme précaire jusqu’à la reprise des tensions fin 2025.

Prudence AGBALETI

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