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À l’ONU, le Premier ministre nigérien accuse Paris et Kiev de déstabilisation

Ali Mahamane Lamine Zeine a accusé la France et l’Ukraine de vouloir déstabiliser le Niger et le Sahel, à la tribune de l’ONU. Il n’a toutefois fourni aucun élément public pour étayer ses accusations.

Le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine a accusé la France et l’Ukraine de mener une entreprise de déstabilisation du Niger et du Sahel. Il s’exprimait à la tribune de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, au nom du chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani. Les affirmations du chef du gouvernement n’ont pas été établies de manière indépendante.

« Ce qui se passe au Sahel n’est ni une simple rébellion armée, ni une guerre de religion, ni une fatalité issue de nos propres faiblesses », a-t-il déclaré. Il y voit une « ingénierie cynique de recolonisation, habillée des oripeaux de l’extrémisme ». Elle serait motivée, selon lui, par la convoitise des ressources du Sahel : l’uranium du Niger, l’or du Mali et du Burkina Faso, ainsi que le lithium, le gaz et le pétrole.

Le Premier ministre a directement mis en cause la France, dont il a aussi cité le président Emmanuel Macron, en évoquant une « déstabilisation perfide du Sahel central ». Il l’a accusée d’agir avec la « complicité active de l’Ukraine et deux autres pays », sans citer les noms de ces deux derniers. Il a affirmé que des « proxys » armés soutenus par ces pays se trouvaient aux frontières du nord-est du Niger. Ils seraient, selon lui, sur le point d’attaquer des positions militaires et des installations pétrolières. « Ils trouveront ce qu’ils méritent en face », a-t-il averti. Il n’a détaillé ni l’identité de ces groupes, ni les éléments sur lesquels repose l’imminence qu’il évoque.

Ali Mahamane Lamine Zeine a assuré que son pays « ne cherche l’affrontement avec aucun pays ». Le Niger reste ouvert, selon lui, à toute coopération sécuritaire tenant compte de ses intérêts et du respect de sa souveraineté. « Le Sahel voit. Le Sahel entend. Le Sahel retient et le Sahel comprend », a-t-il lancé du haut de la tribune.

Il a présenté l’Alliance des États du Sahel comme un processus « irréversible ». Il a rappelé que le Niger, le Mali et le Burkina Faso avaient signé la Charte du Liptako-Gourma le 16 septembre 2023 à Bamako, avant de créer la Confédération des États du Sahel le 6 juillet 2024 à Niamey. Une force unifiée de 5 000 hommes, mobilisable jusqu’à 15 000, mène une lutte coordonnée sur les trois territoires. Il a aussi cité une banque confédérale d’investissement, un passeport confédéral biométrique et les premières sessions du Parlement confédéral, tenues à Niamey du 26 au 29 août 2026.

Revenant sur l’attaque survenue dans la nuit du 28 au 29 août contre les institutions du pays, il a indiqué que des investigations étaient en cours. Elles doivent établir les circonstances, les responsabilités et les soutiens internes et externes de cette tentative. Le Niger se réserve le droit de saisir les mécanismes compétents, conformément à la Charte des Nations unies.

Sur le Moyen-Orient, il a exprimé la préoccupation de son pays face à la situation à Gaza et réaffirmé son soutien à une solution à deux États. Il a réclamé une réforme de la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité, jugeant qu’elle ne disposait toujours pas d’un siège permanent, 81 ans après la création de l’ONU.

Sur le plan économique, le Premier ministre a affirmé que le Niger avait repris le contrôle de ses ressources naturelles. Il entend commercialiser son uranium sur le marché international « en toute transparence », dans le respect de ses obligations de non-prolifération. Il a mis en avant une croissance de 7 % en 2025 et une baisse de l’inflation de 9,1 % en 2024 à 4,7 %.

Il a enfin cité l’Algérie, le Togo, la Türkiye, le Maroc, la Russie et la Chine parmi les partenaires du Niger. « Le Niger a son droit souverain de choisir librement ses partenaires. Ce droit est inaliénable », a-t-il conclu.

Prudence AGBALETI

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