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À l’ONU, le Mali répète ses accusations contre l’Ukraine

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a renouvelé, lundi à New York, les accusations de Bamako contre l’Ukraine. Cette position, déjà défendue l’an dernier par le Premier ministre malien à la même tribune, reste contestée par Kiev et par des vérificateurs de faits.

Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères, a de nouveau accusé, lundi 28 septembre 2026, l’Ukraine de soutenir des groupes armés opérant au Sahel. Il s’exprimait à la tribune de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, au nom du président de la Transition, Assimi Goïta, lors de la dernière journée du débat général.

Abdoulaye Diop a affirmé que Kiev finançait ou soutenait des groupes armés engagés contre les États sahéliens. Il a fait référence aux combats de Tinzaouatène, survenus dans le nord du Mali entre le 24 et le 26 juillet 2024. Des officiels ukrainiens avaient alors publiquement revendiqué une implication dans cette attaque contre une patrouille des forces maliennes, ce qui avait conduit Bamako à rompre ses relations diplomatiques avec Kiev en août 2024. L’Ukraine avait rejeté toute implication directe.

Cette accusation n’est pas nouvelle. L’an dernier, à la même tribune, le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga avait déjà dénoncé cet incident, allant jusqu’à qualifier le régime ukrainien de « l’un des principaux fournisseurs de drones kamikazes aux groupes terroristes dans le monde ». Il avait alors appelé certains États occidentaux à cesser de livrer des armes à l’Ukraine.

Abdoulaye Diop n’a avancé, cette année encore, aucun nouvel élément public permettant d’établir une implication directe de l’Ukraine dans ces violences. Des vérificateurs de faits ont par ailleurs déjà démenti certaines allégations circulant sur ce sujet, notamment une publication affirmant que des « terroristes maliens » avaient été formés en Ukraine et en Pologne à l’utilisation de drones kamikazes, appuyée sur une photographie détournée datant de 2015.

Le ministre a cité les attaques coordonnées des 25 avril et 4 juillet 2026 dans plusieurs localités maliennes, qu’il a présentées comme le signe d’une « connexion dangereuse » entre groupes jihadistes et mouvements séparatistes. Il a également attribué la dégradation de la situation sécuritaire au Sahel aux conséquences de l’intervention de l’Otan en Libye en 2011, qui aurait selon lui favorisé la circulation des armes et la propagation du terrorisme dans la région.

Abdoulaye Diop a affirmé que les forces maliennes, la Force unifiée de la Confédération des États du Sahel et la Russie combattaient désormais ce qu’il a qualifié de « guerre hybride par procuration ». Il a assuré que le Mali, le Burkina Faso et le Niger restaient ouverts à la coopération internationale, à condition que leurs partenaires respectent leur souveraineté, leur intégrité territoriale et leurs choix stratégiques. « Nous n’avons pas (…) d’injonction à recevoir », a-t-il déclaré.

Sur le plan intérieur, le chef de la diplomatie malienne a indiqué que Bamako maintenait « la main tendue » aux combattants disposés à déposer les armes et à rejoindre la République. Selon lui, des milliers d’anciens combattants ont déjà intégré les forces de défense et de sécurité ou occupent désormais des fonctions civiles, sans qu’aucun décompte détaillé n’ait été fourni.

Le Mali a par ailleurs plaidé pour une ONU plus représentative, une présence renforcée de l’Afrique dans les instances internationales et la levée des mesures coercitives unilatérales visant certains États. Abdoulaye Diop a dénoncé une application sélective du droit international et une politique du « deux poids, deux mesures ». Son intervention a également porté sur la mobilisation des ressources intérieures, la transformation locale des matières premières et la réduction de la dépendance à l’aide extérieure. Il a enfin présenté la maîtrise de l’intelligence artificielle comme un enjeu de souveraineté, tout en appelant à faciliter l’accès des pays du Sahel aux financements climatiques et à garantir les droits des migrants.

Prudence AGBALETI

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