Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mohieldin Salim Ahmed Ibrahim, a critiqué lundi les États-Unis pour avoir refusé un visa au général Abdel-Fattah al-Burhan. Il a demandé à l’ONU d’enquêter formellement sur cette décision, qu’il juge contraire aux obligations du pays hôte.
Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mohieldin Salim Ahmed Ibrahim, a critiqué, lundi 28 septembre 2026, les États-Unis pour avoir refusé de délivrer un visa au chef de l’armée, le général Abdel-Fattah al-Burhan. Il s’exprimait devant la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, au nom du président du Conseil souverain de transition. « Le pays hôte a empêché cela en ne délivrant pas le visa nécessaire pour permettre à Son Excellence de participer au segment de haut niveau », a-t-il déclaré.
Les États-Unis avaient refusé d’accorder ce visa en raison de désaccords sur une proposition de cessez-le-feu de 90 jours, portée par le conseiller américain pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos, et destinée à mettre fin à la guerre entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR). L’armée soudanaise avait émis des réserves sur cette proposition dès juillet.
Mohieldin Salim a qualifié cette décision de « profondément regrettable », estimant qu’elle violait le principe d’égalité souveraine entre les États. Il a demandé à l’Assemblée générale et au Comité des relations avec le pays hôte d’enquêter formellement sur cette décision, qu’il a qualifiée de violation de l’Accord de siège de 1947 régissant les obligations des États-Unis envers l’ONU.
Le ministre a par ailleurs appelé à mettre fin à l’afflux d’armes, de munitions et de combattants étrangers au Soudan. Il a affirmé que les armes devaient rester exclusivement sous le contrôle de l’État. Il a accusé des États voisins de permettre aux FSR de lancer des offensives depuis leur territoire en plein jour, d’y acheminer des fournitures et d’y exploiter des structures médicales pour leurs combattants blessés, sans les nommer publiquement.
« La solution juste au Soudan, qui garantisse que le conflit ne reprenne pas, passe par l’arrêt des interventions étrangères incessantes », a déclaré Mohieldin Salim. « Le silence face aux atrocités commises par cette milice terroriste au Soudan n’est pas seulement honteux, contraire à l’éthique et complice ; c’est une trahison des victimes civiles, des femmes et des filles qui ont fait preuve d’une résilience sans précédent, et de tout un peuple », a-t-il ajouté.
Le Soudan est en proie à une guerre entre l’armée et les FSR depuis avril 2023. Une enquête menée ce mois-ci sous l’égide de l’ONU a révélé que des réseaux de soutien étrangers ont fourni des combattants, des armes et des technologies militaires qui ont contribué à entretenir le conflit, lequel a provoqué le déplacement de millions de personnes. Le secrétaire général de l’ONU avait lui-même exhorté Washington à délivrer le visa, mettant en garde contre le précédent que créerait l’exclusion d’un État membre.
Prudence AGBALETI