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Maroc : qui est Fatima Ezzahra El Mansouri, la nouvelle Première ministre ?

Le roi Mohammed VI a nommé, mardi 29 septembre, Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement marocain. Elle devient la première femme à diriger l’exécutif du royaume, après la victoire de son parti aux législatives.

« Un moment historique », a salué l’avocate et dirigeante du Parti authenticité et modernité (PAM) en sortant du Palais royal. Fatima Ezzahra El Mansouri, 50 ans et maire de Marrakech, a été nommée par le roi Mohammed VI à la tête du gouvernement marocain, mardi 29 septembre 2026. C’est la première accession d’une femme à ces fonctions dans le pays.

« Il s’agit d’un moment véritablement historique », a déclaré la dirigeante auprès de médias publics à l’issue de la réception royale. « Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, une femme assume la responsabilité de diriger le gouvernement. Ce n’est pas seulement une source de fierté pour moi, mais pour toutes les femmes marocaines », a-t-elle ajouté.

De centre-droit, le PAM, qui faisait partie de la coalition au pouvoir sortante, a décroché 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants. Le scrutin du 23 septembre avait été marqué par un taux de participation de 38 %, au plus bas depuis près de vingt ans. Sans majorité absolue, Fatima Ezzahra El Mansouri devra composer avec d’autres partis pour former une coalition gouvernementale de cinq ans. « Le travail commence dès aujourd’hui. Nous entamerons d’abord les consultations internes au sein de notre parti, avant de mener des concertations avec l’ensemble des formations politiques », a-t-elle déclaré. Au Maroc, les grandes orientations des secteurs stratégiques demeurent l’apanage du roi.

Première femme maire à 33 ans

Trilingue, la nouvelle cheffe du gouvernement a fait des études de droit aux États-Unis, ainsi qu’à l’université de Montpellier, en France, où elle a obtenu un DEA en droit de la distribution et des contrats d’affaires. Avocate de profession, elle avait rejoint le PAM dès sa création en 2008, avant d’en devenir la coordinatrice nationale.

Sous les couleurs de cette formation, Fatima Ezzahra El Mansouri avait marqué l’histoire de Marrakech en devenant, en 2009, la première femme élue au conseil municipal puis désignée maire de la ville, à 33 ans. Son élection avait toutefois été annulée par un tribunal après la présentation, par des partis concurrents, d’éléments de fraude électorale ; un responsable d’un autre parti avait précisé que la contestation visait le processus électoral, et non sa personne. Elle avait contesté cette décision. En 2011, elle avait par ailleurs remis sa démission du conseil municipal, dans un contexte de tensions internes au sein du PAM sur la répartition du pouvoir.

En 2015, sa trajectoire locale connaît un nouveau revers, avec la perte de la présidence du conseil communal de Marrakech, qui revient aux islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD). Elle reprend toutefois la mairie dès 2021, pour un nouveau mandat.

Son ascension se poursuit ensuite : nommée ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville dans le gouvernement sortant d’Aziz Akhannouch, élue députée lors des législatives du 23 septembre dernier et, enfin, nommée cheffe du gouvernement par le roi en personne. Elle sera désormais remplacée au Parlement par le numéro deux de sa liste. Fatima Ezzahra El Mansouri gardera son poste de maire jusqu’aux prochaines municipales, prévues en 2027.

Répondre aux attentes des jeunes

Les législatives se sont tenues sur fond de défiance envers la classe politique et d’inquiétudes autour de la hausse du chômage et des inégalités, en particulier chez les jeunes. Le manque de perspectives chez une partie de la jeunesse marocaine était revenu au premier plan après l’afflux massif de migrants vers l’enclave espagnole de Ceuta, fin juillet.

« Nous sommes pleinement conscients que cette période sera importante et marquée par de fortes attentes de la part des Marocains, en particulier les jeunes », a déclaré la Première ministre. « C’est pourquoi nous aurons un programme proposant des solutions concrètes et réalistes aux préoccupations des citoyens », a-t-elle promis. Son parti a promis, pendant la campagne, une croissance moyenne de 5 % par an, le maintien de l’inflation à 2 % et la création d’au moins un million d’emplois durant son mandat.

Trouver des alliances pour gouverner

Le Rassemblement national des indépendants (RNI), dont est issu le chef de gouvernement sortant Aziz Akhannouch, est arrivé deuxième avec 66 sièges, perdant une trentaine d’élus par rapport aux législatives de 2021. Le Parti de l’Istiqlal, également présent dans la coalition sortante, est troisième avec 65 sièges. Dans l’opposition, le PJD a quadruplé son nombre de sièges, à 54, contre 13 en 2021. Au lendemain du scrutin, son secrétaire général, Abdelilah Benkirane, a écarté l’idée de rejoindre la majorité.

Prudence AGBALETI

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