L’Éthiopie et l’Érythrée ont rompu leurs relations diplomatiques jeudi 1er octobre, alors que les combats s’intensifient dans le nord de l’Éthiopie. Addis-Abeba a dans le même temps expulsé un diplomate égyptien, sans en préciser les motifs.
Les relations diplomatiques sont rompues entre Éthiopie et l’Érythrée, jeudi 1er octobre 2026, sur fond d’intensification des combats dans le nord de l’Éthiopie. Les deux voisins s’accusent mutuellement d’alimenter les tensions internes, faisant craindre une nouvelle escalade dans la Corne de l’Afrique.
Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a annoncé la fermeture de son ambassade à Asmara et déclaré persona non grata dix diplomates érythréens en poste à Addis-Abeba. Selon le communiqué, ces diplomates se livraient à des activités constituant une menace directe pour la sécurité nationale éthiopienne, en violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Ils disposaient d’un délai de 48 heures pour quitter le pays. Addis-Abeba accuse Asmara d’actes d’hostilité directs et indirects, et l’exhorte à mettre fin à tout acte contraire aux principes régissant les relations entre États souverains.
Le même jour, l’Éthiopie a également expulsé un diplomate égyptien, sans fournir de justification publique à cette décision.
La réaction de l’Érythrée a été immédiate. Le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebremeskel, a annoncé la rupture de toutes les relations diplomatiques avec l’Éthiopie. « L’Érythrée n’a d’autre choix que de réagir de la même manière et de rompre toutes les relations diplomatiques avec l’Éthiopie, avec toutes les conséquences négatives que cela implique », a déclaré le ministère érythréen des Affaires étrangères.
Addis-Abeba accuse notamment Asmara de soutenir le Front populaire de libération du Tigré (TPLF), qui a lancé la semaine précédente une offensive majeure contre les forces fédérales, ravivant les craintes d’un retour au conflit dévastateur de 2020-2022, qui avait fait environ 600 000 morts.
Cette décision marque une nouvelle dégradation des rapports entre les deux pays, mettant fin à la paix fragile instaurée après l’accord de Pretoria de 2022. Les relations s’étaient pourtant améliorées après l’arrivée au pouvoir du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed en 2018, l’Érythrée ayant ensuite combattu aux côtés des forces fédérales contre les forces tigréennes durant la guerre de 2020-2022.
Depuis, les tensions se sont fortement ravivées, l’Érythrée craignant notamment que l’Éthiopie, pays enclavé, ne cherche à envahir son territoire pour obtenir un accès à la mer Rouge.
Sur le terrain, les affrontements se poursuivent au Tigré et dans les régions voisines d’Afar et d’Amhara. Des centaines de personnes ont été tuées ou blessées depuis la reprise des hostilités.
La situation humanitaire se dégrade également, avec des dizaines de milliers de déplacés dans la région d’Afar, tandis que les perturbations des communications compliquent l’accès à l’information dans les zones de combat.
À Addis-Abeba, une puissante explosion a par ailleurs été signalée au quartier général des forces armées éthiopiennes, sans que son origine ni ses éventuelles conséquences humaines ne soient connues.
La rupture entre Addis-Abeba et Asmara, à laquelle s’ajoute l’expulsion d’un diplomate égyptien, ajoute une dimension régionale à la crise et renforce les inquiétudes autour d’un possible élargissement du conflit dans la Corne de l’Afrique.
Prudence AGBALETI