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Guinée : Mamadi Doumbouya gracie l’opposant Aliou Bah après près de deux ans de détention

Le président guinéen Mamadi Doumbouya a gracié Aliou Bah, détenu depuis décembre 2024, avec 216 autres condamnés. La décision a été annoncée vendredi 2 octobre, lors de la fête nationale de l’indépendance.

Mamadi Doumbouya a accordé une grâce présidentielle à l’opposant Aliou Bah. L’annonce a été faite, vendredi 2 octobre, lors de la fête nationale de l’indépendance. Au total, 217 personnes condamnées bénéficient d’une remise totale de leurs peines.

Président du Mouvement démocratique libéral (MoDeL), Aliou Bah était détenu depuis décembre 2024. Il avait été condamné en janvier 2025 à deux années de prison ferme. La justice guinéenne lui reprochait des faits qualifiés d’« offense et diffamation » envers Mamadi Doumbouya.

La Cour d’appel de Conakry avait ensuite confirmé cette condamnation en mai 2025. Aliou Bah avait notamment critiqué la situation politique et appelé les responsables religieux à réagir. Il avait également qualifié d’incompétent le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD).

Son dossier avait également été porté devant la Cour de justice de la CEDEAO. Le 25 juin 2026, cette juridiction régionale avait ordonné sa libération immédiate et sans condition. Elle avait notamment conclu à des violations de plusieurs droits fondamentaux d’Aliou Bah.

Le 25 septembre, la Cour de justice de la CEDEAO avait relancé les autorités judiciaires guinéennes. Elle demandait notamment à la Cour suprême de Guinée de suivre l’exécution de cette décision. Cette démarche intervenait quelques jours avant l’annonce de la grâce présidentielle.

La grâce présidentielle met ainsi fin à l’exécution de la peine d’Aliou Bah. Selon plusieurs sources, sa libération était initialement attendue vers décembre 2026.

Cette décision intervient dans un contexte politique marqué par plusieurs restrictions contre l’opposition guinéenne. Mamadi Doumbouya avait pris le pouvoir en septembre 2021 après le renversement du président Alpha Condé. Il a ensuite remporté l’élection présidentielle organisée le 28 décembre 2025, avec 86,72 % des suffrages.

Plusieurs figures majeures de l’opposition avaient été empêchées de participer à cette présidentielle ou vivaient alors en exil. Plusieurs partis politiques avaient également été dissous avant le scrutin présidentiel de décembre 2025. Des organisations et responsables politiques ont par ailleurs dénoncé des restrictions visant les libertés publiques.

Prudence AGBALETI

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