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Libye : Aguila Saleh destitué, mais conteste son départ

Le président du Parlement libyen, Agila Saleh, a été destitué mardi après douze ans à ce poste. Il conteste toutefois la légalité du vote, dans un contexte de recomposition du pouvoir autour du clan Haftar.

Le président de la Chambre des représentants libyenne, basée à l’est du pays, Aguila Saleh, a été destitué mardi 6 octobre 2026, après presque douze ans passés à la tête de cette institution. Les 170 députés de la Chambre ont voté son remplacement par Al-Salhin Abdelnabi al-Obeidi, un ingénieur représentant la ville de Tobrouk, issu de la même tribu que Saleh et qui présidait jusqu’ici la commission d’amitié libyo-turque du Parlement. Les députés ont également élu Tarek al-Ashtar et Mesbah Douma respectivement premier et second vice-présidents.

Aguila Saleh conteste toutefois la validité de ce vote. Il a affirmé que la séance de lundi n’était « pas officielle » et qu’elle était « dépourvue de toute valeur juridique ». Cette contestation laisse planer une incertitude sur l’issue réelle de cette destitution.

Cette décision intervient dans un contexte de profondes divisions politiques en Libye, pays plongé dans l’instabilité depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Le pays reste partagé entre le gouvernement de Tripoli, reconnu par les Nations unies et dirigé par le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah, et une administration rivale installée dans l’Est, soutenue par le maréchal Khalifa Haftar.

Aguila Saleh, 82 ans selon les agences de presse (84 ans selon sa date de naissance officielle de 1942), était depuis longtemps considéré comme un allié fidèle de l’homme fort de l’Est libyen. Il avait notamment contribué à maintenir l’influence du camp de Haftar au sein du Parlement, installé à Benghazi.

Mais ces derniers mois, son poids politique semblait diminuer face à la montée en puissance des fils de Khalifa Haftar, en particulier Saddam Haftar, qui cherche à renforcer son contrôle sur les décisions politiques et militaires dans l’Est du pays.

Pour Emadeddin Badi, analyste à Chatham House, cette destitution pourrait être le signe d’une « centralisation de la prise de décision » autour du clan Haftar. « Agila Saleh semble être la dernière victime en date de cette démarche de Saddam Haftar, qui cherche à s’imposer dans le jeu politique », a-t-il estimé.

Le départ d’Aguila Saleh intervient alors qu’une initiative américaine visant à relancer le processus politique et à réunifier les institutions libyennes est en discussion. Un nouveau défi pour un pays toujours marqué par les rivalités entre factions rivales et l’absence d’un pouvoir unifié.

Prudence AGBALETI

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